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JO de Rio: Quand les athlètes internationaux s'adonnent à la hijama

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MICHAEL PHELPS
Ces taches rouges sur le corps de Michael Phelps sont les traces du "cupping" | Reuters
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SANTE - C'est une pratique médicinale très populaire dans les sociétés musulmanes qui a récemment eu droit à un coup de projecteur aux JO de Rio. La hijama, ou "cupping" en anglais, est une thérapie qui consiste à extraire du sang de la surface de l’épiderme à l’aide de ventouses.

Cette technique "tirée principalement de l’Égypte ancienne, la médecine traditionnelle chinoise et de la médecine prophétique", selon le site hijamaformation.com, a été popularisée dans les sociétés musulmanes par des érudits comme Al-Razi, Ibnou Sina et Al-Zahraoui, qui l'ont tous pratiquée.

Au Maroc, plusieurs médecins proposent des séances de cette "thérapie des ventouses" qui "peut guérir plus de 200 maladies avec la permission d'Allah", comme l'affirme ce médecin basé à Casablanca.

Pourquoi nous en parlons aujourd'hui? Eh bien, si vous suivez les épreuves de natation aux Jeux olympiques, vous avez peut-être remarquées plusieurs gros pois rouges couvrant le corps de l'athlète Michael Phelps, lors de la finale du 4x100m nage libre, qui s'est déroulée dans la nuit de dimanche à lundi.

Ces pois, ce ne sont ni des bleus ni des taches de naissance. Ce sont des marques qui restent quelques jours sur la peau lorsqu'on s'adonne à la hijama. L'objectif: améliorer la circulation du sang et soulager les douleurs musculaire, mais pas que.

michael phelps
Michael Phelps - Reuters

Le multiple champion olympique n'est pas le seul à s'adonner à cette forme de médecine douce. En 2008 déjà, la nageuse chinoise Wang Qun avait déjà été aperçue avec de telles marques aux JO de Pékin.

Comment ça marche? C'est assez simple. Il suffit d'utiliser des ventouses en verre, qui sont chauffées de l'intérieur par une flamme, ce qui les vide de leur air. Ainsi, quand on pose la ventouse sur la peau, il se produit un effet de succion. Celle-ci est appliquée à un point stratégique puis laissée sur la peau entre 5 et 10 minutes, en fonction du patient. Les traces sur la peau peuvent rester plusieurs jours. La technique n'est pas censée être douloureuse.


Selon une étude de 2012, publiée dans la revue PLOS One, cette pratique aurait bien des effets sur certaines pathologies, comme les paralysies faciales. Mais certaines spécialistes sont sceptiques. Interrogé par The Independent, le professeur en pharmacologie David Colquhoun estime que cette technique n'a "aucun sens". "Mettre une ventouse sur le corps peut faire que la peau se resserre et il peut y avoir un flux sanguin plus important, mais l'idée selon laquelle cela pourrait traiter une quelconque pathologie est risible", affirme-t-il.

Même avis du côté du professeur Edzard Ernst. Interrogé par la BBC, il explique que cette méthode n'a pour l'instant fait "aucune preuve d'efficacité".

Quoi qu'il en soit, le "cupping" semble avoir déjà son petit succès auprès des sportifs, mais aussi de célébrités, comme Gwyneth Paltrow ou Jennifer Aniston, qui ont déjà été aperçues avec de telles marques. Récemment, c'est la papesse du fit business Kayla Itsines qui a partagé une photo des traces de sa séance de ventouses.

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