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Donald Trump a-t-il une dent contre le Maroc?

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Donald Trump a-t-il une dent contre le Maroc? | Associated Press
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INTERNATIONAL – Donald Trump aurait-il une dent contre le Maroc? C’est la question que s'est posée beaucoup de Marocains après des déclarations qu'avait fait le nouveau président américain, lors de sa campagne, au sujet du royaume et de ses ressortissants, allant même jusqu’à les comparer à des "animaux".

Difficile à dire toutefois si le discours du républicain controversé était basé sur des convictions réelles ou s’il relevait simplement de la surenchère et du show. En outre, en fouillant dans les archives, on se rend compte que les relations de Trump avec le Maroc sont très limitées, tout comme sa connaissance du royaume.

Son premier contact connu avec le Maroc remonte au 18 août 1989. À l'époque, le milliardaire américain Malcolm Forbes, fils de Bertie Charles Forbes, fondateur du célèbre magazine financier du même nom, fêtait son 70e anniversaire à Tanger, ville qu'il affectionnait particulièrement.

Parmi les invités de marque conviés ce jour-là, le magnat britannique de la presse Rober Maxwell, le diplomate américain Henry Kissinger, l’actrice Elizabeth Taylor, et un certain Donald Trump, alors encore désintéressé de la politique, mais déjà bien concentré sur la promotion de son empire immobilier dans les médias de son pays.

anniversaire

Au total, Forbes avait fait venir 800 personnes à Tanger à bord d’un Boeing 747, un DC-8 et un Concorde. La fête d’anniversaire avait duré le temps d’un week-end pour un coût global estimé à 2,5 millions de dollars. Comme on peut le voir sur la photo ci-dessus, Trump et sa petite famille semblaient alors ravis de cette escapade tous frais payés au Maroc.

La rencontre avec Hassan II

Trois ans plus tard, lors d'un déplacement privé aux Etats-Unis, en janvier 1992, le défunt roi Hassan II reçoit Donald Trump et son ancienne épouse Marla Maples à New York, au célèbre palace américain le Plaza Hotel.

trumphassan

Depuis, Donald Trump a disparu des radars chérifiens pour réapparaître en janvier 2016. Le candidat républicain avait alors publié une première publicité télévisée pour sa campagne, dans laquelle des images de migrants marocains traversant la frontière pour rejoindre l'enclave espagnole de Melilla apparaissaient, alors qu'il y parlait du Mexique.

Plus récemment, en août dernier, il avait signé une nouvelle sortie médiatique très controversée, dans laquelle il s’en était pris à plusieurs pays dont le Maroc.

Dans un discours prononcé à Portland, dans le Maine, dans le nord-est des Etats-Unis, Trump avait, encore une fois, critiqué les immigrés, citant notamment l'affaire d'un étudiant marocain arrêté aux Etats-Unis pour un projet d'attentat, puis le cas d'un réfugié ouzbek, poursuivi pour avoir cherché à "former des recrues à la fabrication de bombes".

"Nous avons affaire à des animaux", avait-il lâché, évoquant par la suite les arrestations et condamnations de personnes originaires du Maroc, mais aussi de Syrie, de Somalie, d'Afghanistan, des Philippines, d'Irak, du Pakistan et du Yémen.

Et si Trump devenait président ?

Aujourd'hui, Donald Trump est assuré de succéder à Barack Obama, au pouvoir depuis 2009. Qu’en sera-t-il des relations maroco-américaines après son investiture?

Pour Jeremy Gunn, professeur américain de droit et de sciences politiques à l’Université internationale de Rabat (UIR), contacté par TelQuel.ma, "Donald Trump est mal informé, imprévisible, un anti-musulman, et capable de dire et de faire des choses très extrêmes (...) Franchement, tout est possible avec Donald Trump (...) les Marocains, quelles que soient leurs croyances politiques, doivent préférer Hillary Clinton à Donald Trump".

"Le Maroc préfère généralement les républicains mais Donald Trump n’est pas un républicain classique. Dans cette élection, c’est Clinton qui représente l’establishment américain, plutôt bien disposé à l’égard du Maroc", analysait pour sa part Issandr El Amrani, directeur de projet pour l’Afrique du nord au sein du think-tank International Crisis Group, interrogé par Le Desk.

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