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Le parti de Mandela, l'ANC, subit un revers historique en Afrique du Sud

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AFP
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Au pouvoir depuis la fin de l'apartheid en Afrique du Sud, le Congrès national africain (ANC), parti de Nelson Mandela est en net recul lors des élections municipales du 3 août 2016.

Historiquement bas au niveau national, battu mercredi 3 août 2016 à Port Elizabeth et en ballottage dans la capitale Pretoria, l’ANC a subi de lourds revers lors des élections municipales, l’obligeant à une remise en cause inédite.

Le Congrès National Africain (ANC), qui reste le premier parti d’Afrique du Sud, enregistre tout de même un fort recul dans les urnes avec 54,4 % des voix, en baisse de 7 points par rapport à 2011, sur la quasi-totalité des bulletins dépouillés, rapporte l'AFP.

C’est la première fois depuis la fin de la dictature raciste de l’apartheid en 1994 et l’avènement de la démocratie en Afrique du Sud que le parti de Nelson Mandela enregistre un score inférieur à 58 % sur l’ensemble du pays.

Défaite à Nelson Mandela Bay

"C’est un déclin dramatique, dans des proportions jamais vues auparavant", note l’analyste politique Somadoda Fikeni. À Nelson Mandela Bay, la métropole qui englobe la ville industrielle de Port Elizabeth (sud-est), l’ANC est battue de plus de six points par l’Alliance Démocratique (DA) (46,7 % contre 40 %), après le dépouillement de tous les bulletins.

Cette défaite dans la sixième ville du pays, un bastion historique de la lutte anti-apartheid, est un sérieux camouflet pour l’ANC. Et elle pourrait être suivie par d’autres échecs tout aussi symboliques à Johannesburg et à Tshwane, la métropole qui englobe la capitale Pretoria.

Un quart des bulletins doivent encore être dépouillés dans ces villes mais l’ANC, au coude à coude avec la DA dans les deux métropoles devrait perdre sa majorité absolue dans ces deux municipalités.

"Clairement, nos électeurs nous ont envoyé des messages un peu partout et nous allons devoir les écouter avec attention", a reconnu vendredi 5 août le vice-président de l’ANC et de l’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa, assurant que le parti allait mener son "introspection".

"Les gens pensent que nous sommes arrogants, que nous sommes auto-centrés mais je veux contredire cela. Nous sommes une organisation qui écoute son peuple", a-t-il poursuivi.

Des municipalités sans majorité

L’ANC souffre notamment de la percée de l’EFF, un parti de gauche radicale qui participe à ses premières municipales. Avec près de 8 % des suffrages au niveau national, la formation de Julius Malema, un exclu de l’ANC, grignote dans l’électorat déçu par les promesses non tenues du parti au pouvoir.

À Nelson Mandela Bay, avec 57 sièges sur 120 elle devra former une coalition avec des petites formations pour obtenir une majorité absolue. Des alliances seront aussi nécessaires à Johannesburg et Tswhane où aucun parti ne devrait avoir de majorité absolue. Grâce à son score au-dessus de 10 % dans ces deux villes, l’EFF devrait jouer le rôle de faiseur de roi.

"Nous allons attendre que les partis qui sont intéressés nous approchent et ensuite nous discuterons", a lancé Julius Malema, précisant que son parti ne participerait "à aucune coalition formelle avec l’ANC".

Des alliances contre nature avec les libéraux de la DA ne sont donc pas à exclure pour mettre en minorité l’ANC dans les grandes villes disputées.

"L’EFF va pouvoir décider qui va gouverner dans certaines villes et je pense qu’ils vont travailler avec la DA", confirme l’analyste politique Somadoda Fikeni, et ce malgré l’absence "d’idéologie politique commune" entre les deux partis.

Avec de tels résultats, la question de l’avenir au sommet de l’État du président Jacob Zuma – dont le deuxième et dernier mandat s’achève en 2019 – va se poser pour l’ANC alors qu’il est déjà fragilisé depuis des mois par des scandales et par un contexte économique difficile.

Contraint par la justice à rembourser d’ici mi-septembre 500 000 dollars d’argent public utilisés pour rénover sa résidence privée, il risque aussi la réouverture prochaine de poursuites pour corruption dans une affaire de contrat d’armement.

Sans croissance - 0 % prévu par la banque centrale cette année – il a également du mal à tenir ses promesses de faire baisser un chômage record (26,7 %) et de réduire les inégalités.

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