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Les disciplines scientifiques en français au lieu de l'arabe dans les lycées : "ce n'est pas vrai", dit Nouria Benghabrit

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NOURIA BENGHEBRIT
Nouria Benghabrit: Après la darija en été 2015, les maths en été 2016 | STR via Getty Images
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En été 2015, la "rumeur" de l’enseignement en darija a agité le lanterneau médiatique (et celui des réseaux sociaux). Pour l’été 2016, la "rumeur" a porté sur l’enseignement des matières scientifiques en langue française dans le secondaire au lieu de la langue arabe.

La polémique a même pris de l’ampleur avec la prise de position, hostile, du ministre de l’enseignement supérieur. Mme Benghabrit tente d’y mettre fin en recourant aux réseaux sociaux.

benghabrit facebook

Salim Meziane : Madame la ministre, est-ce que l'information sur l'enseignement des matières scientifiques en français et la suppression de la matière éducation islamique dans le secondaire et notamment pour le baccalauréat est vraie.

Nouria Benghabrit
: Ce n’est pas vrai. Une simple nouvelle rumeur.

C'est court. C'est net. La ministre de l’éducation, Nouria Benghabrit, a ainsi essayé de mettre fin (peut-être) à la polémique de l’été 2016 au sujet de l’enseignement des matières scientifiques en langue française dans le secondaire.

Le démenti qui se trouve sur sa page officielle sur Facebook est laconique. On y apprend au passage que Nouria Benghabrit passera sagement son congé annuel à Oran.

Du foin dans la tête

Le plus remarquable est que même après sa réponse, certains ont continué à lui demander « pourquoi » elle prenait la mesure. Le débat sur l’éducation nationale tourne souvent à la passion aveuglante. Ce qui a fait réagir un internaute agacé : "Vous avez du foin dans la tête ou quoi ? Elle a répondu et vous répétez la question."

nouria benghebrit

D’où vient donc la nouvelle "rumeur" qui, comme pour la darija l’été dernier, a créé un effet de polarisation entre les "pro" et les "anti" Benghabrit, entre "conservateurs" et "modernes."

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La "rumeur" est devenue si forte que le ministre de l’enseignement supérieur s'est senti obligé d'intervenir pou rsouligner qu’imputer la faiblesse des élèves en mathématiques à la langue était une erreur de diagnostic.

M.Tahar Hadjar a souligné que "le problème ne réside pas dans la langue, mais dans l'approche adoptée dans l'enseignement". La réaction du ministre de l'enseignement supérieur s'expliquerait pas le fait que l'argument avancé pour justifier la mesure est que les étudiants redoublent leur première année à la fac car ils ne maitrisent pas la langue.

En fait, il ne s’agit pas d’une rumeur mais d’une proposition – qui n’a fait pas l’unanimité – au sein d’une commission qui planche sur la réforme du baccalauréat.

Ce qui n’était qu’une proposition – qui est, dans le cas où elle est validée matériellement impossible à mettre en œuvre sur des délais courts – est devenu dans les médias, une "certitude" que Mme Benghabrit allait "franciser" l’enseignement des matières scientifiques dans le secondaire.

Dans des médias francophones, on a salué le "courage" de Mme Benghabrit et on l'a encouragé à aller de l'avant malgré la "campagne" des conservateurs. Dans des médias arabophones on a crié à l’hérésie.

Toute cette agitation médiatique à forte teneur idéologique (comme toujours pour le secteur de l’éducation) a atteint le gouvernement lui-même puisque Tahar Hadjar, le ministre de l’enseignement supérieur a été amené à prendre position sur le sujet. Finalement, Mme Benghabrit a démenti des "rumeurs sans fondements.".

Est-ce la fin ? "Pas si sûr. En Algérie, les polarisations "idéologiques" sont telles que dans le débat sur le système éducatif, 1+1 ne fait pas toujours 2" souligne avec humour un cadre du ministère de l'éducation.

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