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Rio prête pour la fête, malgré tout (VIDÉO)

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C'est le grand jour! Rio a promis vendredi "la plus grande fête du monde" au Stade Maracana pour célébrer sur un air de samba l'ouverture des premiers Jeux olympiques organisés en Amérique du Sud, et oublier un temps la crise qui frappe le Brésil.

"Que la cérémonie d'ouverture fasse l'effet d'un antidépresseur pour le Brésil"... Voilà l'objectif fixé au réalisateur brésilien Fernando Meirelles, grand ordonnateur de cette cérémonie d'ouverture mêlée au défilé des 207 délégations drapeau au vent, à partir de 20h00, heure locale, donc 01h00 en Algérie. Il devra rendre aux Brésiliens le sourire envolé au gré de la crise économique et politique et des scandales de corruption.

Le bel élan de 2009 est loin. A l'époque de l'obtention des JO, le Brésil surfait sur la vague de la croissance, Rio voulait faire des Jeux une vitrine sur le monde. Et profiter de l'occasion pour se moderniser et construire des infrastructures.

Sept ans plus tard, les autorités de Rio ont dépensé presque 4 milliards d'euros pour les installations olympiques et l'organisation, auxquels s'ajoutent 6,7 mds d'euros en travaux d'héritage, notamment les transports.

La grande famille olympique est là pour mesurer les progrès accomplis. Mais que ce fut dur... A quelques heures de la cérémonie d'ouverture, des norias d'ouvriers s'affairaient encore aux abords du Parc olympique, au sud de la ville, pour poser une pelouse ou débarrasser les derniers reliefs de chantier.

Le métro, censé désenclaver le quartier, n'a été inauguré que samedi. Et encore, dans un premier temps, il sera réservé à la famille olympique. Car le déplacement des spectateurs entre les quatre sites éloignés sera l'une des clés de la réussite de ces Jeux, dans cette ville de 6,5 millions d'habitants congestionnée par les embouteillages. A tel point que le maire de Rio, Eduardo Paes, a exhorté jeudi les Cariocas à "rester chez eux" vendredi et le plus possible pendant "toute la durée des Jeux".

L'ombre de la menace sécuritaire

Surtout, les JO ont été victimes de la grave récession qui frappe le pays depuis 2015 (PIB en baisse de 3,8% l'an dernier). S'y est ensuite greffée la procédure de destitution controversée qui frappe la présidente de gauche Dilma Rousseff, accusée de maquillage des comptes publics et dont l'avenir se jouera quelques jours après la clôture des Jeux.

Elle sera la grande absente de la cérémonie d'ouverture, comme son mentor et prédécesseur, Lula, grâce auquel les JO ont été attribués en 2009 à la mégalopole brésilienne. Le discours inaugural sera prononcé par le président par intérim Michel Temer, qui se dit prêt à essuyer les quolibets du Maracana. Assurément un moment délicat en perspective, d'autant que deux manifestations anti-Temer sont prévues dans la journée à Rio.

Autre sujet de préoccupation pour les autorités du pays, plus grave celui-ci: la menace terroriste. Les JO constituent une vitrine idéale, et le Brésil n'est pas "invulnérable" à un attentat a reconnu le ministre de la Défense. Signe de la réalité de cette menace, douze hommes soupçonnés de planifier des attentats pendant les JO ont été arrêtés au Brésil deux semaines avant la cérémonie d'ouverture, certains d'entre eux ayant fait allégeance à l'Etat islamique selon les autorités.

Le pays semble avoir pris la mesure du problème renforçant de manière significative les mesures de sécurité après l'attentat de Nice le 14 juillet qui a fait 85 morts, avec un déploiement prévu de 85.000 militaires et policiers à partir de vendredi. Malgré cela, l'ombre de la menace sécuritaire risque de planer pendant la quinzaine olympique.

Autre question plus sportive celle-ci: quel sera l'accueil réservé aux sportifs russes ? De 389, ils ne seront finalement que 271 à participer. Les absents ont été victimes de la publication le 18 juillet du rapport McLaren, pointant un dopage d'Etat dans le pays.

Les Fédérations internationales puis le CIO ont fait le ménage parmi les sportifs jusqu'au dernier moment. Et les Russes affirment désormais qu'il "n'y aura pas d'équipe plus propre à Rio".

Effacer le Mondial 2014

La vague a notamment emporté 67 des 68 membres de l'équipe d'athlétisme, dont la "tsarine" de la perche, Yelena Isinbayeva, double championne olympique (2004, 2008). Elle sera l'une des grandes absentes du sport roi des JO, l'athlétisme, dont les épreuves débuteront le 12 août, avec pour star attendue Usain Bolt.

"L'Eclair" pourrait prendre place parmi les plus grands s'il réussit un troisième triplé (100, 200, 4x100 m) après ceux de 2008 et 2012. Et que dire du nageur américain Michaël Phelps, l'homme le plus médaillé de l'histoire des JO (22 médailles dont 18 en or) ?

A 31 ans, Phelps devrait être la principale attraction de la première semaine, avec sa compatriote Katie Ledecky, qui semble intouchable en individuel (200 m, 400 m, 800 m), comme avec le relais 4x200 m.

Mais d'autres belles individualités pourraient s'inviter au Panthéon de la gloire. Deux Français (le perchiste Renaud Lavillenie et le judoka Teddy Riner), l'infatigable Novak Djokovic en tennis et la petite fée de la gymnastique, l'Américaine Simone Biles, 19 ans, passée des bas-fonds de l'Ohio aux agrès de la gloire.

Le Brésil dans tout ça ? Il compte sur quelques individualités, notamment en judo, pour garnir la collection de médailles.

Mais l'hôte de ces Jeux est d'abord le pays du "futebol", encore traumatisé par l'humiliation (7-1) subie en demi-finale de "son" Mondial en 2014. La pression est forte sur l'équipe olympique, composée de jeunes joueurs encadrés au maximum par trois joueurs de plus de 23 ans.

Neymar, seule superstar présente, a été investi "tuteur" du groupe. Lui aussi devra rendre le sourire aux Brésiliens. Au moins jusqu'à la clôture des Jeux, le 21 août.

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