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Condamnée à la peine de mort il y a 22 ans, Khadija Amrir est enfin libre

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PEINE CAPITALE - Connu pour son engagement pour l’abolition de la peine de mort, le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) s’est réjoui dans un communiqué publié mardi 2 août de la libération d’une ex-condamnée à la peine de mort, après plusieurs grâces royales qui ont progressivement rendu sa libération possible.

Lundi 1er août, Khadija Amrir, 43 ans, condamnée à la peine capitale il y a 22 ans pour meurtre avec préméditation, a été libérée. A sa sortie de la prison de Tanger, elle a été accueillie par le secrétaire général du CNDH Mohammed Essabbar et Soulma Taoud, présidente de la Commission régionale des droits de l’Homme de Tanger. Tous deux représentaient l’institution qui a milité pour sa libération à maintes reprises.

“Le CNDH avait sollicité la grâce Royale pour Mme Amrir, une détenue modèle qui a passé plus de 22 ans en prison et qui fait preuve de bonne conduite durant son parcours carcéral”, indique le CNDH dans un communiqué. Pour être enfin libre alors qu’elle a été condamnée à la peine capitale il y a une vingtaine d’années, Khadija Amrir a bénéficié de la grâce royale à trois reprises pour bonne conduite.

D’abord une commutation de la peine capitale à la prison perpétuelle, puis en peine à temps et enfin une grâce sur le reliquat de peine. “Mme Amrir a consacré les années passées en prison à l’éducation et à l’apprentissage de différents métiers”, se réjouit l'établissement dirigé par Driss El Yazami.

Alors que Khadija Amrir est enfin libre grâce à sa bonne conduite et au soutien du CNDH, 23 autres condamnés à la peine capitale ont vu leur peine transformée en réclusion à perpétuité lors de la dernière vague de grâces royales accordées le 30 juillet à l’occasion de la fête du trône.

Abolir la peine de mort, une nécessité selon le CNDH

“A travers cette initiative, le CNDH veille aussi à contribuer à la promotion de la situation des femmes et plaide en faveur de l’abolition de la peine de mort”, poursuit le CNDH. Le conseil avait à maintes reprises plaidé en faveur de l’abolition de la peine capitale.

En juin 2014, Driss El Yazami avait appelé le gouvernement à “mettre en oeuvre l’abolition de la peine de mort”, une demande qui s’est heurtée au parti pris inverse du ministre de la Justice Mustapha Ramid. “J’affirme qu’il n’y a rien dans les lois internationales qui impose l’abolition de la peine de mort”, avait-il déclaré, estimant que l’objectif était seulement de “réduire le nombre de crime passibles de la peine de mort”.

Le Forum mondial des droits de l’Homme (FMDH), qui s’est tenu en novembre 2015 à Marrakech, avait d’ailleurs appelé l’ensemble des Etats à “soutenir la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU appelant à l’instauration d’un moratoire universel sur les exécutions”, rappelle le CNDH.

Au Maroc, si les condamnations à la peine capitale sont toujours prononcées par la justice, aucun condamné n’a été exécuté depuis 1993, date à laquelle le commissaire Mohamed Mustapha Tabit a été condamné à mort pour plusieurs viols ainsi que la commercialisation de cassettes vidéos des crimes.

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