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"Khouddam dawla, dégagez!": Une manifestation pour dénoncer la session des terrains à Souissi

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Plusieurs dizaines de manifestants ont tenu un sit-in, mercredi 3 août, devant le parlement à Rabat | Reda Zaireg/HuffPost Maroc
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MANIFESTATION - Plusieurs dizaines de manifestants ont tenu un sit-in, mercredi 3 août devant le parlement à Rabat, pour protester contre la cession, par l'Etat, de terrains à de hauts fonctionnaires et à des personnalités étrangères à des prix dérisoires.

L'affaire, qui a été révélée il y a quelques jours par les sites d'information Lakome2 et Hespress, a indigné citoyens, acteurs politiques et société civile, certains demandant l'ouverture d'une enquête sur le sujet.

"Les serviteurs de l'Etat sont des mafieux !"; "Serviteurs de l'Etat, dégagez !"; "Non aux rentes!", ont scandé les manifestants qui ont répondu à l'appel de la section Rabat-Salé-Témara du Mouvement du 20 février.

"Ceux qui ont le plus besoin de ces terrains, ce sont les gens défavorisés et non les fonctionnaires qui sont déjà bien payés", dénonce Mahjouba Karim, coordinatrice du 20 février dans la région de Rabat. Selon elle, il existe un "deux poids deux mesures, puisque des terrains sont vendus à des prix dérisoires aux hauts fonctionnaires, tandis qu'il arrive que l'on confisque des terrains aux personnes les plus pauvres pour les dédier à des projets immobiliers".

"L'arbre qui cache la forêt"

Pour Khadija Ryadi, ancienne présidente de l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH), "l'objectif de ce sit-in est de dénoncer la dilapidation de l'argent public, car cette affaire n'est que l'arbre qui cache la forêt". Celle qui a remporté en 2013 le prix des Nations unies pour les droits de l'Homme estime qu'"en l'absence d'un véritable contre-pouvoir, à l'exception du Mouvement du 20 février, le système de rente permet à certains de profiter des biens de l'Etat". Et d'ajouter que "la paupérisation des Marocains ne peut pas durer à l'infini".

L'affaire des terrains de Souissi a éclaté fin juillet, suite à la publication d'informations faisant état de la cession d'un terrain de près de 4000 m2 appartenant à l'Etat au wali de la région de Rabat-Salé-Kénitra, Abdelouafi Laftit, pour un montant de 350 dirhams le m2, ce qui est très largement inférieur aux prix du marché, qui plus est dans ce quartier considéré comme l'un des plus huppés du royaume.

Suite à la diffusion d'un communiqué conjoint par les ministres des Finances et de l'Intérieur, Mohamed Boussaid et Mohamed Hassad, dans lequel ils dénonçaient une "instrumentalisation politique de l'affaire", tout en défendant la légalité de l'opération, le site Lakome2 a publié une liste comportant une soixantaine de personnalités qui ont, elles aussi, acheté des terrains à des prix dérisoires dans la même zone. Parmi celles-ci, on retrouve les ministres de l'Intérieur et des Finances ou encore le premier secrétaire de l'Union socialiste des forces populaires (USFP) Driss Lachgar.

Manifestation pour dénoncer la session des terrains à Souissi.
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