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Tunisie: Quand la chasse aux couples non mariés pratiquée par une frange de la société et permise par l'Etat tue

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SOCIÉTÉ- Un jeune homme qui se trouveait dans son appartement avec sa copine a trouvé la mort en glissant de la fenêtre alors qu'il aurait essayé de faire échapper sa copine suite à la dénonciation d'une voisine qui a alerté la police. Cette dernière les aurait enfermés dans leur appartement en signalant leur présence après que la victime aurait oublié ses clés à la porte.

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Cette tragique affaire a beaucoup circulé lundi, 1er Août sur les réseaux sociaux avec des commentaires indignés aussi bien du comportement de la femme à tout le système qui fait la chasse aux couples non mariés et menées par les agents de la police.

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La loi tunisienne ne criminalise nullement le "concubinage" ou n'interdit à deux personnes de sexe différent d’être ou de vivre sous le même toit.

En contradiction avec la loi, des instructions sont également données aux hôtels pour interdire aux couples non mariés de séjourner dans une même chambre.

"Etre traîné ou pas devant la justice ou condamné dans ces cas-là est tributaire de la mauvaise foi du policier ou du juge qui cherchent à te caser dans les cas de figures punis par la loi", a affirmé l'avocat Oussema Helal, au HuffPost Tunisie.
Ces cas sont entre autres le mariage qui n’a pas été conclu conformément à la loi (article 36 de la loi n° 57-3 du 1er août 1957 réglementant l’état civil), l’adultère si l’un des deux est marié ou encore la prostitution, a précisé l'avocat.

Généralement, seules des preuves tangibles pour les cas de figures précités sont susceptibles de faire condamner le couple. Souvent, les accusés seront relâchés après la mésaventure policière ou judiciaire qu’ils auront dû subir!

Certains pays, à l'image de la Tunisie, considèrent le concubinage comme une offense à l’ordre public ou moral consacré par l’Etat, "avec plus de malchance pour ceux qui s’installent dans un quartier populaire où tout le monde se connait et où la femme est perçue comme une fille de mauvaise vie si elle habite ou fait venir chez elle un homme!", déplore Oussema Helal.

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