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Nouvelle affaire de terrain public vendu à bas prix près de Marrakech

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L'Association pour la protection des biens publics lors d'une manifestation (archives) | DR
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POLÉMIQUE - L’affaire des terrains de l’Etat vendus à des prix dérisoires continue de causer des remous. A Marrakech, la section locale de l’Association pour la protection des biens publics est montée au créneau afin de dénoncer la vente d’un terrain public situé dans la petite commune de Lâattaouia, située dans la région de Marrakech, pour 511 dirhams le mètre carré, et demande au ministère de l’Intérieur d’ouvrir une enquête sur l'affaire.

"Après avoir réalisé une enquête sur l'affaire, il s’est avéré qu’en réalité le prix du terrain, situé au cœur de la ville, ne coûte pas moins de 1.000 dirhams le mètre carré, selon les prix en vigueur inscrits dans les contrats de vente à la Conservation foncière de Kalâat Sraghna", indique l’association dans un communiqué.

L’association affirme aussi que "les conditions requises" pour ce genre d’acquisitions n’ont pas été respectées, à commencer par "la publication d’un cahier de charges". Les noms des personnes qui ont acheté les parcelles du terrain concerné n’ont cependant pas été donnés.

Transparency dénonce "l’attribution discrétionnaire de rentes et de privilèges"

L’Association pour la protection des biens publics n’est, en tout cas, pas la seule à s’être indignée dans cette affaire désormais appelée celle des "commis de l’Etat". La Coalition marocaine des instances de défense des droits de l'homme a demandé, en fin de semaine, la démission du ministre de l’Intérieur Mohamed Hassad et du ministre de l’Economie et des finances Mohamed Boussaïd, ainsi que l’ouverture d’une enquête pour la vente d'un terrain à très bas prix à Abdelouafi Laftit, le wali de Rabat.

Selon la coalition citée par la presse arabophone, l’achat de ces terrains par des fonctionnaires de l’Etat, d’anciens ministres, des conseillers du roi et des walis n’est pas valable aux yeux de la loi.

Transparency Maroc a également pointé du doigt Mohamed Boussaïd et Mohamed Hassad pour s’être étonnés de l’indignation suscitée par "l’attribution discrétionnaire de rentes et de privilèges". L’ONG internationale de lutte contre la corruption a notamment dressé une liste des "autres attributaires de lots au cours des vingt dernières années". Résultat: cette liste "confirme que nombre d'entre eux sont connus pour avoir accumulé des fortunes considérables par de tels moyens grâce à leur proximité du pouvoir et aux abus qu’ils s’autorisent en se servant des biens publics placés sous leur contrôle".

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