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Le Maroc et les Canaries vont restaurer deux tours du XVe et XVIe siècle à Tarfaya et Sidi Ifni

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TOUR DE SANTA CRUZ DE LA MAR PEQUEA
Deux tours vieilles de cinq siècles vont être restaurées à Tarfaya et Sidi Ifni | mariano gambín
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PATRIMOINE - Un pan du patrimoine maroco-espagnol sort de l'oubli. Plus de cinq cents ans après leur édification sur la côte atlantique, en face des Canaries, deux tours construites par les conquistadors espagnols sur le territoire marocain après la prise de Tenerife en 1496 seront restaurées.

Le projet de restauration de ces deux tours (dont il ne reste plus que les fondements), situées à Tarfaya et Sidi Ifni, a fait l'objet d'une réunion la semaine dernière à Rabat entre la conseillère du ministère du Tourisme et de la Culture du gouvernement régional des Canaries, Mariate Lorenzo, le directeur général du patrimoine culturel, Miguel Angel Clavijo, et le secrétaire général du ministère marocain de la Culture, Mohamed Lotfi M'Rini, accompagné du directeur du patrimoine, Abdellah Alaoui, et du chef de la Division de la Coopération, Mohamed Benyaacoub.

Bon pour le tourisme

Le projet vise à valoriser les deux vestiges archéologiques de Santa Cruz de la Mar Pequeña (Tarfaya) et San Miguel de Asaca (Sidi Ifni). Il sera dirigé par un expert en histoire, géographie et archéologie, Jorge Onrubia Pintado, qui pilotera une équipe de chercheurs universitaires canariens et marocains.

Selon Mariate Lorenzo, ce projet est lancé dans le but de "protéger le patrimoine historique et culturel des îles Canaries". Cette initiative vise également "à disposer d'une ressource qui, gérée correctement, sera susceptible d'être intégrée au marché du tourisme et de contribuer au développement socio-économique de la région (...) à la fois pour les îles Canaries et le sud du Maroc", rapporte un communiqué du gouvernement des Canaries.

tour canaries maroc

"C'est la première fois que l'on signe, directement avec le gouvernement des Canaries, un accord de projet partagé", indique au HuffPost Maroc le directeur du patrimoine, Abdellah Alaoui. Pour l'instant, aucun budget défini n'a encore été alloué à la restauration des deux vestiges. "Nous venons de signer l'accord, il faut maintenant attendre que l'ensemble des études, travaux de fouilles et relevés soient faits sur le terrain pour établir un budget et commencer les travaux de restauration et de mise en valeur", ajoute-t-il.

Un peu d'histoire

Ces deux tours ont été construites et occupées entre la fin du XVe siècle et le début du XVIe siècle, dans le cadre de l'expansion africaine menée par les rois catholiques espagnols dont certaines troupes étaient implantées aux Canaries. Une expansion rapidement abandonnée face à la débâcle de l'armée expéditionnaire espagnole et à la perspective, plus alléchante pour la couronne de Castille, de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb à la même période.

En 1496, juste après la conquête de Tenerife, une armée expéditionnaire en provenance des îles Canaries a débarqué sur la côte saharienne pour construire une première tour à Tarfaya, Santa Cruz de la Mar Pequeña. A partir de cet endroit, les Castillans ont développé une politique commerciale et diplomatique active, visant à établir des liens avec les tribus locales qui contrôlaient l'important trafic trans-saharien dans cette région, rappelle le communiqué.

Ces contacts conduisent, en 1499, à la signature d'un traité entre les rois catholiques et les notables tribaux. Suite à cet accord, baptisé "traité de la Bu-Tata", du nom du petit royaume berbère alors situé dans le sud du Maroc, les Castillans entreprennent, à la fin de 1500, la construction d'une autre tour, San Miguel de Asaca. Mais la forteresse n'aura pas le temps d'être achevée suite à la défaite sanglante de l'armée expéditionnaire canarienne pendant la bataille dite "d'Asaca" ou "des Tours". La première tour construite à Tarfaya a été définitivement abandonnée en 1526.

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