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Le parcours étonnant d'Abdelkebir Ouaddar, le cavalier qui portera le drapeau du Maroc aux JO de Rio

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ABDELKEBIR OUADDAR
Abdelkebir Ouaddar of Morocco riding Quickly De Kreisker celebrates during the individual second round event of the Jumping Competition at the World Equestrian Games in Caen, September 4, 2014. REUTERS/Regis Duvignau (FRANCE - Tags: SPORT EQUESTRIANISM ANIMALS) | Regis Duvignau / Reuters
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ÉQUITATION - Il est l'un des cavaliers les plus en vus du moment et c'est lui qui portera le drapeau du Maroc lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Rio, le 5 août. Pourtant, rien ne destinait Abdelkebir Ouaddar, aujourd'hui âgé de 54 ans, à une carrière d'athlète de haut niveau. Dans un entretien accordé à Radio France International, le sportif est revenu sur son parcours hors du commun.

Tout commence pour lui le jour où son chemin a croisé celui de Lalla Fatima Zohra, la soeur du roi Hassan II, qui était invitée chez sa famille à Marrakech: "La princesse, qui m’a vu, est ensuite allée voir mon père et elle lui a demandé: 'Est-ce que ça ne vous dérangerait pas que Kébir vienne avec mes enfants? Je m’occuperai de lui comme un des miens'", confie le sportif.

Le quotidien de ce fils de puisatier change du tout au tout du jour au lendemain. Des parties de football entre amis dans sa ville natale d'Aït Ourir, il rejoint le palais royal. C'est à douze ans qu'il se tourne vers l'équitation: "J’ai toujours été attiré par les chevaux" explique-t-il à RFI. "J’adorais ces bêtes, leur manière de galoper, même si j’en avais une peur bleue".

C'est une autre soeur de Hassan II, la princesse Lalla Amina qui est alors présidente de la Fédération royale marocaine de sports équestres, qui lui met à l'étrier: "Durant un mois, elle est venue me chercher régulièrement pour m’apprendre à ne plus avoir peur des chevaux" se souvient Abdelkebir Ouaddar.

L'ombre avant la lumière

Mais il va lui falloir plusieurs années avant de rejoindre les sommets du sport équestre. En 2011, Marcel Rozier, qui a gagné deux médailles olympiques dans la discipline, est en charge du Morocco Royal tour. Le Français remarque tout de suite Abdelkebir Ouaddar et décide de s'occuper de son entraînement. Le roi Mohammed VI soutient financièrement le duo. En mars 2016, le Marocain est parvenu à se faire un nom parmi les grands en remportant le Grand Prix du Saut Hermès qui s'est tenu au Grand Palais de Paris. Une performance obtenue grâce à la symbiose entre le cavalier et sa monture Quickly de Kreisker.

Une semaine plus tard, lui et son compagnon ont été désignés par la Fédération équestre internationale meilleur couple du monde de l'année 2015, un prix décerné par le Jumping Owners Club.

Depuis, le cavalier n'en finit pas de collectionner les prix. Le 25 juin, il s'est emparé de la deuxième place du 68e Grand prix du concours hippique international officiel (CHIO) de Rotterdam.

Dans maintenant cinq jours, Abdelkebir Ouaddar défilera sur la piste du stade olympique de Rio à la tête de la délégation marocaine, et succèdera ainsi à la taekwondoïste Wiam Dislam qui avait eu cet honneur en 2012 lors des JO de Londres. Abdelkebir Ouaddar est aujourd'hui une des plus grandes chances de médaille pour le royaume lors de ces olympiades.

Une quarantaine d'athlètes marocains défendront les couleurs du royaume dans onze disciplines. Ils auront la tâche de faire mieux que les précédents JO, d'où la délégation marocaine n'était rentrée qu'avec une seule médaille de bronze. Elle avait été remportée par Abdalaati Iguider sur le 1.500 mètres.

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