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L'Assemblée des représentants du peuple retire sa confiance à Habib Essid

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ESSID
Habib Essid
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Les députés ont décidé, samedi 30 juillet 2016 de retirer la confiance au gouvernement de Habib Essid.

Avec 118 voix contre, 3 pour et 27 abstentions, l'Assemblée des représentants du peuple a mis un terme au mandat de Habib Essid après une journée marathon qui a débuté aux alentours de 10 heures ce matin et s'est terminée aux alentours de 22 heures.

Sous pression depuis la proposition du président de la République Béji Caid Essebsi de former un gouvernement d'union nationale, les jours de Habib Essid étaient comptés.

En réponse à la signature par plusieurs partis et organisations nationales de l'Accord de Carthage, feuille de route du prochain gouvernement, Habib Essid décide de saisir le parlement pour un vote de confiance, refusant de démissionner.

Premier bilan

Face aux députés, Habib Essid a affirmé, samedi 30 juillet, "avoir mené sa mission pour "l'intérêt du pays" rappelant avoir eu lui et son gouvernement un "véritable programme" dont notamment la lutte contre le terrorisme, la lutte contre la hausse des prix et l'emploi.

Habib Essid a par ailleurs reproché le timing d'une telle décision du président de la République: ""Ce gouvernement a été formé pour perdurer, tout changement ne peut être que négatif pour le pays. Nous avons besoin de stabilité, nous connaissons nos dossiers et nous avons beaucoup avancé dessus" a t-il affirmé.

En outre il a indiqué ne pas être venu chercher les "109 voix": "Je sais que vous allez nous retirer la confiance mais je suis satisfait d’avoir mené à bien ma mission" a t-il conclu son discours.

Des réactions mitigées

Une grande majorité des députés ont souligné que Habib Essid était "un homme intègre, propre et patriote" saluant son courage de s'être présenté face à l'assemblée. Cependant, "l’accord de Carthage représente une nouvelle classification des priorités et un changement de stratégie afin de sauver ce que l’on peut encore sauver" a affirmé le député Nidaa Tounes Hatem Ferjani avant d'ajouter "Toutefois, nous pensons qu’aujourd’hui, vous n’êtes plus la personne qui doit continuer à diriger le pouvoir exécutif".

Même son de cloche du côté d'Ennahdha et des partis à la coalition au pouvoir affirmant que le pays a besoin d' "une nouvelle dynamique".

Pour sa part, le député Nidaa Tounes Anis Saidi a déclaré qu' "aujourd'hui est la fin de la 2eme République tunisienne" appelant à un changement du régime politique.

L'opposition, virulente

C'est du côté de l'opposition que les réactions ont été les plus fortes. Le député du Front populaire Zied Lakhdhar a indiqué que ce changement était pour choisir une personne qui pouvait être "manipulée plus facilement", faisant référence à certains lobbies.

Le député Ammar Amroussia (Front populaire) a quant à lui fustigé Béji Caid Essebsi qui à travers son initiative a tenu à protéger son fils Hafedh Caid Essebsi: "Le président de la République a voulu à travers cette initiative sauver Nidaa Tounes, sauver la coalition au pouvoir (...) Il se fout du pouvoir, il se fout de l'État, il se fout de l'administration (...)" a indiqué le député, faisant le buzz sur les réseaux sociaux.

Pour sa part la députée du Courant démocrate, Samia Abbou, Habib Essid n'est qu'un bouc émissaire: "La Tunisie n'a jamais été gouvernée ni par Hamadi Jebali, ni par Ali Laarayedh, ni par Mehdi Jomaa, ni par Habib Essid. La Tunisie a été et est toujours prise en otage entre les deux cheikhs" faisant référence à Rached Ghannouchi et Béji Caid Essebsi.

Du côté de Noomen El Euch, député du Courant démocratique, "Habib Essid est un bouc émissaire des partis à la coalitions" qui selon lui sont "les responsables de ce qui se passe" aujourd'hui.

Répondant à ces question d'une façon consensuelle Habib Essid a tenu à rappeler que ce vote est une preuve de la bonne santé démocratique de la Tunisie rappelant aux députés que c'est eux "les chefs".

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