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Les premières réactions des députés au discours de Habib Essid face à l'Assemblée

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Après que Habib Essid ait présenté son bilan face à l'Assemblée des représentants du peuple, tout en affirmant savoir qu'il n'aura pas le vote de confiance, les députés ont réagi au discours du chef du gouvernement.

Dans un lapsus, qu'il a vite corrigé, le député d'Ennahdha Sahbi Atig a salué le courage de Habib Essid de se présenter face à l'ARP:"puisque vous allez partir monsieur le premier ministre...pardon si jamais on vote pour votre départ...je souhaiterai dire que la présence du Chef du gouvernement est courageuse" démontrant un fort degré "de conscience démocratique" de la Tunisie.

Du côté des députés de Nidaa Tounes, le constat est plus nuancé.

Le député Hatem ferjani a salué "l’effort de ce gouvernement qui est le premier gouvernement de l’histoire du pays qui va jusqu’au bout de ses responsabilités en venant aujourd’hui devant le Parlement".

Selon lui "l’accord de Carthage représente une nouvelle classification des priorités et un changement de stratégie afin de sauver ce que l’on peut encore sauver".

Revenant le choix de son parti de ne pas accorder la confiance à Habib Essid, il affirme: "Nous, Nidaa Tounes, vous avons choisi pour ce poste et nous respectons votre intégrité et votre honnêteté. Toutefois, nous pensons qu’aujourd’hui, vous n’êtes plus la personne qui doit continuer à diriger le pouvoir exécutif. Les partis politiques sont tenus par des résultats et nous n'avons aucun autre choix que celui d’aller vers les solutions les plus efficaces pour sortir de cette crise".

De son côté, le député Ibrahim Nassef a indiqué à Habib Essid, pourquoi est-il ici aujourd'hui: "Vous êtes ici parce que vous n'avez pas réussi à imposer votre vision au gouvernement".

Un échec inéluctable

Le secrétaire général du parti des patriotes démocrates unifié, Zied Lakhdhar a quant à lui tenu à rappeler à Habib Essid pourquoi il n'avait pas voté la confiance au gouvernement dès le départ: "Nous n’avons pas voté la confiance mais nous vous avons souhaité le succès tout en sachant que ce gouvernement ne pouvait qu’échouer. Nous avons demandé de vous, de dévoiler toute la vérité aux citoyens tunisiens quant à la réalité des lobbies de corruption, celles qui se sont même incrustées au sein des partis." a t-affirmé.

"Peut-être que ceux qui vous ont dit ‘démissionnez vite nous avons besoin de ce poste’, n’ont plus besoin de vous mais préfèrent des personnes qu’ils peuvent manipuler plus facilement" a indiqué Zied Lakhdhar

Le député a en outre remis en question le bilan présenté par Habib Essid. Parmi les promesses du gouvernement non tenues, Zied Lakhdhar affirme: "vous n’avez pas dévoilé ce qui s’est réellement passé en 2012 au sein du Ministère de l'Intérieur. Le ministre de la Justice de votre gouvernement n’a rien fait au niveau des dossiers de l’assassinat politique et tout le monde sait où nous en sommes aujourd’hui."

Concernant le niveau de vie, pour Zied Lakhdhar, "ce gouvernement n’est pas concerné par les urgences et besoins des pauvres de ce pays. Vous dites réformes, on vous répond soumission à des ordres extérieurs".

Cependant, pour le député du Font Populaire "votre présence ici est une phase de l’initiative présidentielle qui est, on est d’accord avec vous, précipitée. Le Front populaire a compris dès le début que cette initiative survient uniquement pour vous pousser à la démission" avant d'ajouter: "votre présence ici n’est pas un hommage à la Constitution et au prestige de l’État ; ces deux notions ont été piétinées quand on vous a menacé de vous traîner dans la boue".

Pour le député indépendant Mehdi Ben Gharbia, Habib Essid "aurait dû démissionner le jour de la signature de l'Accord de Carthage" affirmant "ne pas voter la confiance au gouvernement".

Du côté de Noomen El Euch, député du Courant démocratique, "Habib Essid est un bouc émissaire des partis à la coalitions" qui selon lui sont "les responsables de ce qui se passe" aujourd'hui.

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