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Ce que l'on sait au lendemain de la tentative d'évasion à la prison d'Oukacha

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OUKACHA
Ce que l'on sait au lendemain de la tentative d'évasion à la prison d'Oukacha | AIC Press
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PRISON - Un grave incident a eu lieu jeudi 28 juillet au soir au centre de réinsertion des jeunes, attenant à la prison d'Oukacha à Aïn Sbaa, en périphérie de Casablanca. Une mutinerie provoquée par des pensionnaires du centre a dégénéré, obligeant les forces de l'ordre à tirer à balles réelles.

Comment cela a commencé?

Selon un communiqué de la Direction générale de l'administration et de la réinsertion pénitentiaire (DGAPR), l'incendie a été provoqué aux alentours de 19h30 par des jeunes dans leur cellule, à l'aide de couvertures "afin de créer une fumée pour attirer l’attention des gardiens présents dans le but de les attaquer et de s’évader".

Les prisonniers ont ensuite tenté de forcer la porte en bois du lieu servant de dépôt d’armes, mais ont échoué n'ayant pas pu casser la grille métallique de la porte, explique la délégation. Une fois sortis du quartier de détention, les mutins ont incendié et endommagé un bus de transport des prisonniers, avant de lancer des pierres contre certains fonctionnaires qui ont été légèrement blessés. D'autres témoins indiquent que les mutins auraient utilisé un camion de pompiers comme "voiture-bélier" pour tenter de défoncer le portail du centre.

Combien de blessés?

Selon l'agence MAP qui cite des autorités locales, l'incendie a entraîné l'asphyxie de neuf pensionnaires, ce qui a nécessité leur transfert à l’Hôpital Mohammed V à Hay Mohammadi pour recevoir les soins nécessaires. Le site d'informations Hespress, qui cite des sources au sein de l'Hôpital Mohammed V, indique que l'incident a fait 37 blessés, dont 9 prisonniers et 28 policiers. Un des prisonniers aurait été blessé par balle à la poitrine. Selon la DGAPR, cinq éléments de la police, trois membres de la protection civile, six des forces auxiliaires et cinq fonctionnaires de la DGAPR ont été blessés.

Quels sont les dégâts matériels?

La liste des dégâts matériels est impressionnante: selon la DGAPR, l'ensemble des bureaux et des équipements, à l’exception du bureau de l’Econome, y compris les documents relatifs à la gestion des affaires des fonctionnaires, les registres d’incarcération, les dossiers judiciaires des prisonniers, le bureau du suivi médical, les infrastructures sanitaires, les dossiers médicaux, les médicaments, et le réseau des communications ont été détruits. Au niveau du centre de détention, tous les équipements d’extinction, des téléphones fixes, des dizaines de télévisions installées dans les cellules, des équipements électriques, des équipements de sport, des lits et des draps ont été détruits. De même que cinq chambres ont été incendiées au niveau de l’un des pavillons de l’établissement, indique le communiqué.

Les actes de destruction ont concerné, également, les bureaux et les équipements du service de préparation à la réinsertion relevant de la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus, y compris les livres, les instruments de musique, la médiathèque, les équipements de sport, les dossiers sociaux des pensionnaires ainsi que les classes de cours. D'importants dommages ont aussi été occasionnés au portail principal de l’établissement, à l’ensemble des équipements de surveillance électronique (caméras et autres), ainsi qu’au parc automobile de l’établissement. Un bus a été totalement incendié ainsi qu’un véhicule de transport des prisonniers. S’y ajoute la destruction d’une ambulance, de voitures de service, de motocycles de fonctionnaires, en plus d’un camion de la protection civile et des véhicules particuliers se trouvant dans l’enceinte de l’établissement.

Comment les autorités ont-elles géré?

Devant la panique générale causée par l'incendie et la tentative d'évasion des jeunes détenus, les forces de l'ordre et les agents de sécurité se sont déployés en masse devant l'établissement, certains témoins faisant état de tirs à balles réelles. Des bombes lacrymogènes auraient également été lancées par les forces de sécurité. Sur les vidéos qui circulent sur Internet, on peut voir des bataillons de policiers, arme à la main. Un comité de la DGAPR a été dépêché "pour enquêter sur ce grave incident et prendre les mesures nécessaires", indique-t-elle dans un communiqué. "Vu l’ampleur des dégâts constatés au niveau des différents équipements, installations, infrastructures et services de l’établissement, particulièrement dans les salles incendiées, la Délégation générale a décidé de transférer un nombre de détenus vers d’autres établissements", ajoute la DGAPR.

Que pouvait-on voir au lendemain de la mutinerie?

Vendredi matin, l'ampleur des dégâts était bien visible même si les choses "sont rentrées dans l'ordre", selon un membre de la DGAPR présent sur place interrogé par le HuffPost Maroc. On pouvait apercevoir des traces d'incendies, des bureaux détruits et des voitures cassées devant l'établissement. Des responsables de la délégation de l'administration centrale, la police et des journalistes étaient sur place.

Que risquent les mutins?

On ignore pour le moment combien de mutins ont été arrêtés par les forces de l'ordre. Le code pénal marocain prévoit plusieurs peines à l’encontre des personnes impliquées. Ces derniers encourent notamment des peines allant d’un mois à cinq ans de prison, selon la gravité des circonstances de l'évasion.

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Tentative d'évasion à la prison d'Oukacha, le jeudi 28 août 2016 à Casablanca
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