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Le Conseil supérieur de l'aménagement du territoire tient sa 2e session

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DRISS MERROUN
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TERRITOIRE – 12 ans après avoir tenu sa première session, le Conseil supérieur de l’aménagement du territoire (CSAT) refait surface pour parler de la "convergence des politiques publiques", à l’ère de la nouvelle Constitution. Tenue en 2004, sous la présidence du roi Mohammed VI, cette session avaient débouché sur huit recommandations principales dont la création d'une commission interministérielle ainsi que de commissions régionales de l’aménagement du territoire, en plus de l’activation du processus de réalisation des schémas régionaux dans ce sens.

Pour sa deuxième session, qui se tient ce jeudi à Rabat sous la tutelle du ministère de l’Urbanisme et de l’aménagement du territoire, en sa qualité de secrétariat permanent du CSAT, ce dernier présentera, entre autres, un rapport sur l’état des lieux de l’aménagement du territoire entre 2004 et 2015. De nouvelles recommandations pour les années à venir devraient également être émises par les membres du CSAT, ce jeudi 28 juillet en fin de journée.

Selon Driss Merroun, le ministre de l’Aménagement du territoire, rencontré par le HuffPost Maroc en marge de la session, le débat a porté sur des questions encore plus larges: "Nous avons discuté de ce que le Maroc a pu réaliser depuis 2004 jusqu’à 2015 dans l’ensemble des domaines: économique, social et politique notamment, et nous avons fait, si vous voulez, une 'fixation' au niveau de 2011, vu que le Maroc a adopté, pendant cette année, une nouvelle Constitution. Celle-ci a apporté beaucoup de choses nouvelles, notamment en ce qui concerne le territoire, ce qui a donc permis à la région de devenir une collectivité locale avancée et élargie, avec la possibilité de réfléchir pour son avenir concernant l’aménagement du territoire", explique Driss Merroun.

Concordance entre plans régionaux et plan national

"Nous avons aussi discuté de la manière dont les plans régionaux peuvent se positionner par rapport aux plans nationaux. Les discussions ont également porté sur les disparités sociales, économiques et même au niveau des infrastructures, ainsi que des grands efforts déployés sur le territoire national", explique-t-il.

Pour Driss Merroun, le Maroc ne doit pas se limiter dans son aménagement territorial "à ce qui est à l’intérieur de la nation". "Tout ce qui relève des infrastructures qui permettent au Maroc de se lier de façon correcte avec le reste du monde" est intéressant aux yeux du ministre, qui insiste sur la nécessité de réussir l'intégration du Maroc dans l'espace mondial. "Nous ne vivons pas tous seuls dans le monde", se plait-il à rappeler.

Le travail du Conseil supérieur de l’aménagement du territoire ne s'arrêtera pas là. "Nous avons soulevé un certain nombre de messages qui concernent les attentes de demain. Après cela, il y eu un débat dans la salle au cours duquel les membres du conseil ont posé un certain nombre de questionnements. Ils ont noté plusieurs insuffisances dans les régions. Maintenant, nous allons commencer à travailler dans les commissions", explique le ministre.

"Il faut voir quelles sont les choses qui deviennent obsolètes"

Le CSAT compte trois commissions permanentes: la première est dédiée au suivi des conseils supérieurs et nationaux, la deuxième à la coordination des interventions publiques et semi-publiques et la troisième chargée des études juridiques.

"La première va parler du travail des différents conseils qui existent au Maroc, à plusieurs niveaux. Je cite pour exemple le Conseil supérieur de l’enseignement et le Conseil supérieur de l’eau. Au total il y a une quinzaine de conseils supérieurs, chacun travaille à sa façon ou ne travaille pas. Nous avons fait une étude à ce sujet, et nous allons regarder de plus près ces Conseils pour comprendre ce qu’ils font, comment ils travaillent, quelle est leur rentabilité, et est-ce qu’il y des raisons de continuer ou pas", explique Merroun.

La commission juridique abordera, elle, "des questions qui touchent la mise en place de nouvelles structures, ou de nouvelles lois, à l'instar du projet de loi concernant l’aménagement du territoire, ainsi que tout ce qui est en mesure d’être soumis à des textes de loi", clarifie le ministre. Au sein de la troisième commission, "nous allons parler convergence. Vous savez que sur n’importe quel territoire, il y a toujours plusieurs intervenants. Il y a l’Etat à travers ses ministères et ses différentes instances, le privé et les collectivités locales. Nous allons parler de leur intervention, tous, sur le même territoire", indique Merroun.

Et de conclure: "On a une Charte nationale d’aménagement du territoire, et nous avons un plan d’aménagement du territoire. Ils ont été fait en 2004 et ont été approuvés par le CSAT. Avec ces outils, qui ont été faits pour 25 ans, nous avons encore le temps. Mais aujourd’hui, il faut voir quelles sont les choses qui deviennent obsolètes, ainsi que les choses qu’il faut corriger et améliorer".

Aménagement du territoire et régionalisation avancée

Cette deuxième session du Conseil supérieur de l'aménagement du territoire intervient un peu plus d'un an après l'adoption des lois organiques relatives à la régionalisation avancée, ainsi que le nouveau découpage régional. Plus que jamais, l'aménagement du territoire est appelé à évaluer et à penser les interférences entre régionalisation et mondialisation, afin que le Maroc parvienne à insérer ses régions dans l'espace mondial, ainsi qu'à leur assurer un meilleur positionnement. L'élaboration des Schémas régionaux d’aménagement du territoire (SRAT) peut constituer "le nœud d’intégration et de cohérence des politiques sectorielles", comme le recommande le Conseil économique, social et environnemental (CESE), et peut constituer une occasion de "tirer bénéfice des concertations et débats d’idées et de projets constructifs",en associant "tous les acteurs économiques régionaux ainsi que la société civile organisée (associations professionnelles, syndicats et associations actives dans le domaine de l’économie sociale et solidaire", poursuit le CESE.

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