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Qui est Abdel Malik Nabil Petitjean, le deuxième tueur de l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray

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ABDEL MALIK NABIL PETITJEAN
Police officers stand in front of a building during a search operation in Saint-Etienne-du-Rouvray, Normandy, France, following an attack on a church that left a priest dead, Tuesday, July 26, 2016. Two attackers invaded a church Tuesday during morning Mass near the Normandy city of Rouen, killing an 84-year-old priest by slitting his throat and taking hostages before being shot and killed by police, French officials said. (AP Photo/Francois Mori) | ASSOCIATED PRESS
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TERRORISME - Les soupçons qui pesaient sur Abdel Malik Nabil Petitjean sont donc confirmés. Ce jeune homme de 19 ans, originaire de Savoie, a été "formellement identifié" comme étant le deuxième tueur de l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, dans laquelle un prêtre a été égorgé et un otage grièvement blessé mardi 26 juillet.

Quelques heures seulement après cette attaque revendiquée par le groupe État islamique, l'identité du premier tueur, rapidement identifié comme étant Adel Kermiche, avait été précisée par le procureur de la République de Paris François Molins.

Abdel Malik Nabil Petitjean avait quant à lui rapidement été soupçonné, sa carte d'identité ayant été retrouvée lors d'une perquisition au domicile familial d'Adel Kermiche et "plusieurs éléments laissent à penser qu'il s'agit du deuxième assaillant", ont précisé des sources proches de l'enquête interrogées par l'AFP.

Selon l'une de ces sources, trois personnes de l'entourage familial d'Abdel Malik Petitjean ont été placées en garde à vue. "Ces gardes à vue, qui ont débuté mercredi, "devraient permettre de recueillir des éléments sur le profil du tueur. Rien à ce stade ne dit que ces personnes ont quelque chose à voir avec la tuerie", a précisé une source.

Un fiché "S" "prêt à participer à un attentat sur le territoire national"

Des prélèvements ADN effectués sur sa mère ont permis son identification. Abdel Malik Nabil Petitjean n'avait fait l'objet d'aucune condamnation, ce qui a retardé son identification (puisque la justice ne disposait pas de ses empreintes ni de son ADN). Il faisait toutefois l'objet d'une "fiche S" pour radicalisation depuis le 29 juin pour avoir tenté de rejoindre la Syrie via la Turquie, selon une source proche de l'enquête.

Originaire de Saint-Dié-des-Vosges, il "venait de terminer ses études secondaires dans le lycée professionnel Marlioz d'Aix-Les-Bains", avec à la clé un bac obtenu en 2015, d'après les informations de L'Obs. L'hebdomadaire précise qu'il "n'était pas connu défavorablement de la direction de l'établissement". Selon Le Point, il "se déplaçait régulièrement entre Montluçon, la commune où vit sa mère, et la Seine-Maritime, où réside une autre partie de sa famille".

L'Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) a diffusé le 22 juillet, quatre jours avant l'attaque contre l'église, une note dans laquelle elle dit avoir été alertée par un service étranger qu'un individu "serait prêt à participer à un attentat sur le territoire national", a précisé une source proche de l'enquête. Le Point précise la teneur de cette note:

"L'individu dont la photographie figure ci-dessous serait prêt à participer à un attentat sur le territoire national. Il serait déjà présent en France et pourrait agir seul ou avec d'autres individus. La date, la cible et le modus operandi sont pour l'heure inconnus. Des investigations sont en cours en vue de l'identifier et de le localiser..."

Cette information est accompagnée d'une photo de l'individu, qui "ressemble fortement" à Abdel Malik Nabil Petitjean, indique une source. Mais en l'absence de précisions sur ce projet d'attentat, les services antiterroristes ne savent alors pas de qui il s'agit.

Le 24 juillet, au cours d'une perquisition administrative chez un homme également fiché "S", les enquêteurs trouvent une vidéo dans un téléphone, selon la source proche de l'enquête, qui confirme une information du Monde. Dans ce film, un homme, ressemblant fortement à la photo de la fiche de l'Uclat, prête allégeance à l'organisation jihadiste État islamique(EI).

Selon une source proche de l'enquête, plusieurs perquisitions ont été menées dans son entourage après l'attentat, notamment à Aix-les-Bains et chez un proche à Montluçon.

Son visage dans une vidéo diffusée par Daech?

Le groupe État islamique (EI, ou Daech) a diffusé au lendemain de l'attaque une vidéo dans laquelle deux hommes, présentés comme les auteurs de l'attentat, prêtent allégeance au chef de cette organisation. Cette vidéo diffusée par l'agence Amaq, organe de propagande de l'EI, montre deux jeunes hommes à côté d'une bannière de l'EI, l'un d'eux s'exprimant en arabe avec un fort accent.

Cet homme, qui pourrait être Adel Kermiche, récite le texte traditionnel d'allégeance à l'"émir des croyants" Abou Bakr al-Baghdadi. Les deux hommes, barbus et se présentant sous les noms de guerre d'Abou Omar et Abou Jalil al-Hanafi, jurent "obéissance" au chef de l'EI en se tenant la main.

Daech avait affirmé mardi, quelques heures après l'attaque, que cette dernière avait été exécutée par deux de ses "soldats", selon l'agence Amaq. Les auteurs de l'attaque "répondaient aux appels à prendre pour cible les pays de la coalition" internationale qui combat l'EI en Irak et en Syrie, d'après Amaq.

Lors de sa conférence de presse mardi, le procureur de la République a en outre évoqué un troisième individu, interpellé et placé et en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur le meurtre du prêtre Jacques Hamel. Il s'agit d'un "mineur né le 18 août 1999 en Algérie", "frère cadet d'un individu qui fait l'objet d'un mandat d’arrêt international pour être parti sur zone irako-syrienne le 20 mars 2015 avec les papiers d’identité d’Adel Kermiche", a-t-il indiqué.

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