Près d'un Marocain sur deux demande un nouvel amendement du code de la famille

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MANIF FEMMES MAROC
Manifestation contre les violences faites aux femmes, Rabat, juin 2016 | AIC PRESS
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ÉGALITÉ - Douze ans après l'adoption de la Moudawana (la réforme du code de la famille adoptée par le Maroc en 2004), l'heure est au bilan. Si une majorité de Marocains estime qu'elle a eu un impact plutôt positif sur les mentalités et notamment les relations entre conjoints, ils sont 45% à demander un nouvel amendement du code de la famille, selon une enquête menée par le ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social.

Présentée mardi 26 juillet à Rabat, l'enquête, réalisée avec l'appui du Fonds de développement des Nations unies pour la femme, a porté sur un échantillon de 1.200 personnes réparties sur cent zones représentatives de la population marocaine. Si 70% des personnes interrogées considèrent que la Moudawana a donné plus de droits aux femmes, 73% des avis soulignent la nécessité de renforcer l’égalité et la démocratie dans la prise de décision au sein de la famille, indique l'agence MAP.

Mariage des mineurs, répartition des biens...

Concernant les perspectives du code de la famille, l’enquête indique que près d'un Marocain sur deux (45% des sondés) demandent un nouvel amendement de la Moudawana. Il s'agit, notamment, de modifier l'article 20 qui autorise toujours le mariage des mineurs dans certaines conditions, l'article 49 sur la répartition des biens entre les époux, l'article 156 sur les rapports sexuels "par erreur" durant les fiançailles, et l'article 238 portant sur la tutelle légale de la mère sur ses enfants.

Ces personnes interrogées demandent également la suppression de certaines dispositions relatives au divorce moyennant compensation ("khol"), l’établissement de nouvelles dispositions relatives à la création des tribunaux de la famille, et d’une instance de médiation indépendante du système judiciaire, révèle encore l'enquête.

Pour améliorer l'application du code de la famille, il faudrait, selon 47,3% des personnes interrogées, créer des bureaux d’orientation familiale dans les différents arrondissements, caïdats et conseils municipaux. 37,5% sont pour l’organisation de sessions de formation gratuites au profit des futurs mariés, 33,9% pensent qu'il est nécessaire d’appliquer les lois, 22,4% préconisent une amélioration des prestations et 15,1% appellent à fournir les moyens matériels et humains nécessaires pour les tribunaux de la famille.

L'étude a porté sur trois axes basés sur la connaissance du code de la famille, la conception de la société marocaine de la relation entre femmes et hommes au sein de la famille, ainsi que les perspectives, les attentes et les suggestions.

Depuis l'adoption du code de la famille en 2004, une série d'affaires ont mis en lumière les lacunes concernant l'égalité homme-femmes et les limites de la réforme sur la protection des droits des femmes. L'affaire Amina Filali en 2012, qui s'était suicidée après avoir été forcée d'épouser son violeur, avait choqué l'opinion publique.

Plus récemment, l'affaire des filles d'Inezgane, agressées en 2015 pour avoir porté des jupes, avait à nouveau posé la question des limites en matière de liberté des femmes et de lutte contre le harcèlement de rue.

Dernière avancée en la matière, l'adoption, par la Chambre des représentants et après des mois de bataille législative, du projet de loi sur la lutte contre les violences faites aux femmes, qui prévoit de nouvelles dispositions juridiques pour assurer la protection des femmes victimes de violences et la criminalisation de certains actes.

LIRE AUSSI: Une manifestation pour protester contre le projet de loi sur les violences faites aux femmes (PHOTOS)

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