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Crash d'Air Algérie au Mali: les pilotes espagnols "n'étaient formés pour affronter de telles situations"

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Les pilotes espagnols aux commandes de l'avion d'Air Algérie qui s'était écrasé en juillet 2014 au Mali, causant 116 morts, n'étaient pas formés aux manoeuvres qui auraient pu éviter le drame, a estimé lundi le principal syndicat de pilotes espagnol.

"Les pilotes n'avaient jamais été formés pour affronter de telles situations", a souligné lundi le syndicat Sepla dans un communiqué, rappelant que selon le rapport final du Bureau d'enquêtes et d'analyse français pour la sécurité de l'Aviation civile, ou BEA, publié en avril, l'accident a été provoqué par "la non-activation" par l'équipage du système antigivre, suivie de l'absence de réaction des pilotes pour sortir d'une situation de décrochage.

L'obstruction des capteurs de pression des moteurs en raison du givre a conduit à une diminution de la poussée des moteurs, puis de la vitesse de l'avion.

L'équipage n'aurait pas détecté cette diminution de vitesse jusqu'au décrochage, puis n'a pas été en mesure de le rattraper, explique le même responsable. Ce dernier réitère que l'équipage n'a pas été formé pour actionner le dégivrage à grande altitude, ni comment trouver des solutions à ce problème. "Ils étaient aussi démunis que quiconque devant cette difficulté", a-t-il dit.

"L'échec de l'ensemble de l'industrie"

Ces affirmations du syndicat vont dans le même sens que les conclusions du dernier rapport final du Bureau d'enquêtes et d'analyse français pour la sécurité de l'Aviation civile, a fait remarquer lors d'une conférence de presse Ariel Shocroón, chef du département technique du syndicat.

"Nous n'apprenons pas de nos erreurs", a-t-il ensuite dénoncé, rajoutant que "le pilote et le copilote étaient très expérimentés avec plus de 16.000 heures de vol sur cet aéronef. Mais nous avons besoin de davantage d'entraînement et de meilleure qualité".

Néanmoins, le crash était le résultat de "l'échec de l'ensemble de l' industrie ", poursuit-il, remettant ainsi en cause la formation reléguée au second plan au profit du commercial. "Nous sommes devenus gestionnaires des systèmes au détriment de la formation des aviateurs, principes de base de l' aviation", a de son côté renchéri le président de Sepla, Javier Gomez Barrero.

Il a affirmé que "la formation des pilotes répond uniquement aux exigences du marché", soulignant que le formation continue était négligée.

Le syndicat a ensuite signalé qu'aucune compagnie espagnole n'utilise les MD83, qui desservent uniquement des destinations américaines et africaines. C'est dire l'inexpérience des pilotes espagnoles dans le pilotages de ce type d'avion et le manque de formation notamment sur ce modèle, rajoute-t-on.

L'organisation a rappelé que d'autres accidents aériens avaient déjà été causés par ce type de problème, notamment celui du vol Rio-Paris d'Air France qui s'était abîmé dans l'Atlantique en juin 2009 avec 228 passagers à bord.

Depuis le cas de Swiftair, l'Organisation internationale de l'aviation civile (OACI), une agence des Nations Unies, a développé un système pour instruire les nouveaux pilotes dans les opérations de récupération de contrôle des aéronefs dans certaines situations normales, telles que celles provenant de l'information erronés fournis par les systèmes de l'aéronef lui-même.

Le McDonnell Douglas MD83 s'est écrasé il y a tout juste deux ans, dans le nord du Mali, avec 110 passagers et six membres d'équipage à bord.

Il reliait Ouagadougou à Alger, et transportait principalement des Français (54), des Burkinabè (23), des Algériens (8), et des Libanais (6). Les six membres d'équipage étaient des Espagnols mis à disposition par une compagnie espagnole de leasing, Swiftair.

Depuis, l'Organisation de l'aviation civile internationale a prévu des formations complémentaires, qui n'ont pas été mises en œuvre par Swiftair avant l'accident.

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