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En Allemagne, le danger de la stigmatisation des réfugiés après les attaques

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ALLEMAGNE REFUGIES
German Chancellor Angela Merkel attends a debate on the consequences of the Brexit vote at the lower house of parliament Bundestag in Berlin, Germany, June 28, 2016. REUTERS/Fabrizio Bensch | Reuters
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INTERNATIONAL - L'Allemagne est en état de choc. En moins d'une semaine, quatre attaques viennent de frapper son territoire, jusque là épargné. Ces actes font naître chez la population un sentiment d'insécurité propice à la stigmatisation des réfugiés.

D'abord, il y a eu l'attentat à la hache - revendiqué par Daech - par un jeune réfugié afghan dans un train de Wurtzbourg. Ensuite, la fusillade au centre commercial de Munich vendredi 22, commise par un adolescent déséquilibré germano-iranien. Et ce dimanche 24, deux nouvelles attaques dans le sud du pays. Un réfugié syrien de 21 ans a tué une femme à la machette, et blessé cinq personnes, puis, un peu plus tard dans la soirée à Ansbach, en Bavière, un autre Syrien de 27 ans s’est fait exploser devant l’entrée d’un festival de musique, faisant douze blessés.

Les opposants aux migrants se font entendre

Alors que le débat sur la politique d'Angela Merkel à l'égard des réfugiés s'était calmé, cette accumulation d'attaques tragiques -sans lien direct les unes avec les autres- redonne du grain à moudre à ses adversaires de droite. Tout juste un an après la vague d'arrivée de plus d'un million de demandeurs d'asile en Allemagne, les opposants à la politique d'ouverture aux réfugiés se font de nouveau entendre.

C'est évidemment l'extrême droite qui se montre la plus critique envers l'action de la chancelière allemande. Mais ils ne sont pas les seuls à trouver la dirigeante "trop généreuse". Une partie de la CDU -la formation de droite modérée de Merkel- et de la CSU (antenne bavaroise de la CDU) s'interroge désormais sur la politique sécuritaire et migratoire du pays, alors que la Bavière, porte d’entrée des réfugiés, a été très exposée aux attaques ces derniers jours.

"Nous n’avons pas été capables d’enregistrer et de contrôler tous les migrants qui ont franchi la frontière allemande" déplorait notamment Stephan Mayer, responsable de la politique intérieure de la CSU à la BBC, au lendemain de l'attaque de Munich. Son parti avait d'ailleurs demandé le plafonnement du nombre de réfugiés sur le territoire.

Berlin rejette tout "soupçon généralisé" contre les réfugiés

Face à la grogne qui monte dans la population, et devant une certaine stigmatisation des migrants de la part d'une partie de l'opinion publique, le ministre de l'Intérieur a pris la parole lundi 25 pour rejeter tout "soupçon généralisé à l'encontre des réfugiés après les attentats ou agressions des derniers jours".

"Nous ne devons pas porter de soupçon généralisé contre les réfugiés, même s'il y a des procédures qui sont engagées dans des cas isolés" contre eux, a déclaré Thomas de Maizière au groupe de presse Funke.

Le Syrien de 27 ans tué dans l'explosion de la bombe qu'il portait dimanche soir près d'un festival de musique à Ansbach, probablement lors d'un attentat-suicide selon les autorités locales, était un demandeur d'asile dont la demande avait été rejetée il y a un an. Il était en instance d'expulsion vers la Bulgarie, selon Berlin.

Le ministre a également tenu à rappeler que 59 procédures pour soupçon d'appartenance à des organisations terroristes étaient actuellement en cours concernant des réfugiés en Allemagne, "et cela par rapport à plusieurs centaines de milliers de gens nouvellement arrivés".

"Pas un plus grand risque que le reste de la population"

La porte-parole ajointe du gouvernement allemande, Ulrike Demmer, a indiqué pour sa part que le risque criminel représenté par les réfugiés dans le pays n'était proportionnellement "pas plus grand que dans le reste de la population".

Le ministre de l'Intérieur a toutefois plaidé pour des vérifications des services de sécurité renforcées avant l'entrée des migrants dans le pays. Et il a souligné les efforts de Berlin pour ramener le nombre des migrants qui arrivent en Allemagne "à un niveau bas et soutenable".

Un nombre record d'un million y était arrivés l'an dernier, fuyant notamment la guerre en Syrie.

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