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Omar Alaoui: "Au Maroc, nous sommes face à une jeunesse de plus en plus politisée mais peu partisane"

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OMAR ALAOUI
Omar Alaoui: "Au Maroc, la jeunesse est de plus en plus politisée mais peu partisane" | Omar Alaoui
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VIE POLITIQUE - Y a-t-il eu une évolution du vote chez les jeunes après le Mouvement du 20-Février? La Constitution de 2011 a-t-elle valorisé l'engagement des jeunes en politique? Éléments de réponse avec Omar Alaoui, consultant en communication politique et co-auteur d'un livre sur les jeunes et la politique.

HuffPost Maroc: La Constitution de 2011 met-elle en valeur l'engagement des jeunes dans la politique?

Omar Alaoui: La Constitution de 2011 favorise l'implication des jeunes dans la prise de décision politique. Elle prévoit la création du Conseil consultatif de la jeunesse et de l'action associative qui viendra renforcer la présence des jeunes dans la vie publique marocaine. Ce conseil aura un rôle historique pour réconcilier les jeunes avec la chose publique. Pour jouer son rôle, le conseil devra être indépendant de toutes chapelles politiques, outillé pour remplir ses missions et être le plus représentatif possible de la jeunesse marocaine, qui est diverse et variée. Ce conseil devra être en prise avec les réalités du terrain et les préoccupations quotidiennes des jeunes pour être le plus performant possible.

Pensez-vous que la communauté mobilisée des jeunes lors du Mouvement du 20-Février a voté lors des élections législatives de 2011?

A la veille des élections législatives de 2011, le Mouvement du 20-Février a eu deux choix: l'intégration au sein de partis politiques ou le boycott des élections. Certains ont fait le choix de prolonger leur volonté de changement au sein des institutions et des partis politiques, et il faut saluer cette démarche. En effet, il existait de bonnes volontés et de bonnes idées au sein du 20-Février et il était nécessaire que ces énergies se retrouvent dans des structures politiques formelles. La contestation dans la rue est un moment politique, l'action partisane est un engagement au quotidien.

Comment voyez-vous l'évolution du vote chez les jeunes marocains avant et après 2011?

Avant 2011, il y avait un désintérêt, un désengagement des jeunes pour la chose publique. Aujourd'hui, nous sommes face à une jeunesse de plus en plus politisée mais peu partisane. Seul 1% des jeunes marocains sont encartés au sein des partis politiques selon le HCP, c'est un chiffre alarmant. Il faut que les partis politiques développent des espaces dans lesquels les jeunes peuvent s'épanouir et participer de manière concrète, par des actions et des propositions, au développement socio-économique du pays. Les jeunes veulent se sentir utiles, écoutés et sont prêts à produire du contenu politique pour les partis.

Pensez-vous que la participation des jeunes au vote sera plus importante lors des législatives de 2016?

Tout dépendra des programmes électoraux que développeront les partis politiques. Les jeunes ne votent plus par sympathie ou parce qu'ils sont séduits par tel leader ou tel parti politique. Les jeunes sont de plus en plus dans le pragmatisme, dans le réalisme politique. Ils observent ce qui se fait ailleurs et souhaitent voir la politique marocaine aller vers davantage de sérieux et de crédibilité. Ils suivront avec attention les élections et décortiqueront les programmes électoraux des principaux partis politiques. Le parti qui développera une offre politique adéquate aux challenges et aux problématiques de la jeunesse, et qui proposera des solutions concrètes et réalistes, loin des chimères, sera assuré du soutien des jeunes. L'emploi, l'éducation, l'enseignement supérieur, les nouvelles technologies, l'entrepreneuriat, sont parmi les thèmes qui intéressent le plus les jeunes marocains.

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