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La Coalition marocaine contre la peine de mort appelle une nouvelle fois à l'abolition de la peine capitale

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La Coalition marocaine contre la peine de mort appelle une nouvelle fois à l'abolition de la peine capitale | DR
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DROITS DE L’HOMME - Lors de l’assemblée générale annuelle de la Coalition marocaine contre la peine de mort (CMCPM), l’avocat et coordinateur de l’organisation, Abderrahim Jamaî, s’est de nouveau insurgé contre le maintien de la peine de mort au Maroc et a une nouvelle fois à abolir cette peine du code pénal marocain.

Il ne peut y avoir de "cohabitation" entre les droits de l’Homme, l'éducation à ses valeurs et la préservation du droit à la vie et la protection de l'intégrité physique ou morale de quiconque, et l'application de la peine de mort, a-t-il souligné, vendredi 22 juillet.

Pour le militant, la peine de mort ne peut être voilée d'une couverture religieuse ou de la spécificité culturelle, relevant que son application ne doit pas être acceptée sous prétexte de la gravité du crime, de la non conscience du citoyen, ou du sous-développement social, entre autres raisons.

La peine de mort, "un danger pour la démocratie et les libertés individuelle"

La peine capitale pose dans la société plusieurs questions complexes et des problématiques majeures quant à la nécessité d'appliquer cette peine pour lutter contre la criminalité et créer un équilibre sociétal visé par la politique et la justice pénale, et aux aspects contradictoires avec les valeurs et les principes énoncés dans les conventions internationales, d’une part, et les thèses qui s’opposent avec les concepts du modernisme, d’autre part, a indiqué l’avocat.

Car pour Abderrahim Jamaî, la conviction de la coalition nationale selon laquelle la peine de mort constitue une double menace dans le sens qu'elle représente un danger pour la démocratie et les libertés individuelles et collectives, et a, en plus, un impact négatif sur le développement.

"La peine de mort sera abolie tôt ou tard"

Pour sa part, Nicolas Biron, responsable des programmes de l’association française "Ensemble contre la peine de mort" (ECPM) présent à l’événement, s'est félicité des initiatives concrètes entreprises par la coalition marocaine en vue de l'abolition de la peine de mort et son remplacement par d'autres peines alternatives.

Il a souligné, dans ce cadre, que la coalition a procédé à l’élaboration de plusieurs rapports relatifs à la situation psychique des personnes condamnées à la peine capitale, et à la publication d’un premier documentaire sur cette peine pour sensibiliser la jeunesse, outre la tenue de rencontres avec les décideurs sur cette question, rappelant que le Maroc a été parmi les premiers pays ayant créé le Réseau des parlementaires contre la peine de mort ainsi que le Réseau des avocats contre la peine capitale.

De son côté, l’ambassadeur de l’Union Européenne au Maroc, Rupert Joy, a estimé que la peine de mort sera abolie dans le monde entier tôt ou tard.

Le maintien de la peine de mort n’aboutit pas à la dissuasion et constitue une atteinte à la dignité de l'être humain et n'apporte aucun service à la victime ou à la société, a affirmé, pour sa part, le représentant du Conseil national des droits de l’Homme, Mustapha Anawi.

La demande d’annulation de la peine de mort va de pair avec une demande pertinente d'amender complètement le Code pénal et de réfléchir de manière sérieuse sur les dispositions à même de réduire la criminalité et de lutter contre la récidive, notant que les conditions sont actuellement favorables pour abolir cette peine au Maroc.

Le programme de l’assemblée générale annuelle de la CMCPM, tenue durant deux jours, comprend un colloque sur ''Quelle stratégie d’action pour ratifier le deuxième protocole facultatif visant à abolir la peine de mort'', et un autre thématique portant sur ''La torture et la peine de mort''.

Cet événement survient au lendemain de la condamnation, jeudi 21 juillet, d’Abdelali Dakir à la peine capitale. Ce natif d’El Jadida avait tué dix membres de sa famille le 23 avril dernier. “Le mis en cause a tué sa mère, son père, son épouse, l’un des proches de cette dernière, son oncle paternel, son cousin, sa nièce, sa cousine, l’oncle de son père et un autre proche de la famille”, détaillait l’agence MAP au lendemain du crime.

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