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Munich: le forcené voulait faire "un lien" avec Breivik

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POLICIER MUNICH
Un policier sécurise les abords du centre commercial de Munich où a eu lieu une fusillade qui a fait 9 morts, le 22 juillet 2016 | AFP
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La fusillade qui a ensanglanté Munich vendredi soir a été perpétrée par un forcené souffrant de problèmes psychiatriques, sans rapport avec le terrorisme islamiste, qui a voulu "faire un lien" avec le massacre commis il y a cinq ans en Norvège par Anders Behring Breivik.

"Nous partons du principe qu'il s'agit dans cette affaire d'un acte classique d'un forcené" ayant agi "sans motivation politique", a déclaré samedi à la presse le procureur de Munich (sud de l'Allemagne) Thomas Steinkraus-Koch, au lendemain de la tuerie.

"Il n'y a pas d'autre raison" à cet acte, qui a fait 9 morts et 16 blessés, a-t-il assuré.

"Nous avons trouvé des éléments montrant qu'il se préoccupait des questions liées aux forcenés" auteurs de tueries, notamment des livres et des articles de journaux, a précisé le chef de la police de Munich, Hubertus Andrä.

"Il n'y a absolument aucun lien avec (le groupe) Etat islamique", a-t-il dit.

Le tueur, un Germano-Iranien de 18 ans identifié comme David Ali Sonboly, né à Munich et qui fréquentait une école de la ville, a ouvert le feu sur des passants vendredi soir dans un centre commercial et à proximité.

Après la tuerie, il a été blessé par un tir d'une patrouille de police puis s'est donné la mort. Dans son sac à dos, les enquêteurs ont retrouvé environ 300 munitions, suggérant qu'il avait à l'origine l'intention de tuer un nombre encore beaucoup plus important de personnes.

Surtout, les enquêteurs ont aussi établi une connexion entre la fusillade et le tueur norvégien Anders Behring Breivik.

"Le lien est évident", a dit M. Andrä, en soulignant que la fusillade était intervenue 5 ans jour pour jour après le massacre de 77 personnes par l'extrémiste de droite, le 22 juillet 2011.

Un piège via Facebook

Le jeune homme était, semble-t-il, fasciné par les tueries de masse en tant que telles. En revanche, rien n'indique qu'il ait partagé les opinions politiques radicales du Norvégien.

L'auteur de la fusillade, détenteur de la double nationalité allemande et iranienne, a agi seul et n'était pas connu des services de police.

Il a, selon la police, probablement tendu un piège à un certain nombre des victimes en "piratant" un compte Facebook, afin de les attirer sur les lieux de la tuerie, un établissement de restauration rapide McDonald.

La plupart des victimes sont très jeunes, adolescents et jeunes adultes, des personnes avec lesquelles il a pu être en contact avant les faits. Parmi elles figurent trois Kosovars, trois Turcs et un Grec.

La police avait indiqué vendredi soir dans un premier temps "soupçonner un acte terroriste", avant de se montrer par la suite beaucoup plus prudente.

Samedi à l'aube, les forces de l'ordre ont effectué une perquisition dans la chambre occupée par le jeune homme, située dans un quartier de logements sociaux où résident de nombreux étrangers ou Allemands d'origine étrangère. Une voisine, interrogée par l'AFP sur les lieux, a affirmé connaître le jeune homme, "une bonne personne (...) qui riait comme toute personne normale".

"Je ne l'ai jamais vu en colère, je n'ai jamais entendu de problème avec la police ou avec les voisins", a témoigné Delfye Dalbi, 40 ans, qui affirme habiter au 1er étage et le jeune homme, fils de chauffeur de taxi, au 5e.

Sur une courte vidéo amateur largement diffusée sur les réseaux sociaux vendredi soir peu après la tuerie, et authentifiée par la police, on voit un riverain agonir d'injures l'auteur de la tuerie, vêtu de noir et un pistolet à la main.

"Sale métèque", lui lance ce riverain. Une voix qui semble celle de l'assaillant lui répond: "je suis Allemand, je suis né ici", dit-il, avant de lancer: "j'étais en traitement hospitalier".

Munich s'est retrouvée en état de siège pendant plusieurs heures lors de la fusillade car la police a craint pendant longtemps que plusieurs auteurs ne soient à l'oeuvre et en fuite dans la ville.

Les transports en commun ont été interrompus, la gare fermée et les habitants invités à rester chez eux, tandis que plus de 2.000 policiers étaient déployés.

L'Allemagne reste sous le choc: cette tuerie est intervenue quatre jours seulement après une attaque à la hache dans un train régional, également en Bavière, commise par un jeune demandeur d'asile de 17 ans qui a revendiqué son geste au nom du groupe Etat islamique (EI).

Et, selon le chef de la police de Munich, des éléments ont été découverts montrant que le Germano-Iranien avait aussi suivi de près l'attaque à la hache.

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