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Quelle place pour le Maroc dans une Afrique endettée?

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MOHAMMED VI
En attendant des lendemains meilleurs, le continent africain ploie sous le poids de sa dette. | All Africa
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ÉCONOMIE - Les politiques et les analystes aiment à répéter que l’Afrique est le continent de l’avenir. Mais en attendant des lendemains meilleurs, le continent africain ploie sous le poids de sa dette.

C’est ce qu'indique la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) qui a rendu le jeudi 21 juillet les conclusions de son rapport sur le “Développement économique en Afrique”. Ce dernier fait état d’une augmentation moyenne de la dette extérieure africaine de 10,2% par an, avec des disparités selon les pays.

Une dette qui augmente

Entre 2011 et 2013, l’organe onusien basé à Genève chiffre la dette extérieure du continent à 443 milliards de dollars, soit 22% du revenu national brut. Au cours de cette même période, le ratio entre la dette extérieure et le revenu national brut était inférieur à 40% dans la plupart des pays africains.

“En comparaison, pendant la même période, la moyenne de ce ratio s’établissait à 14,5 % en Asie de l’Est et dans le Pacifique, à 22,6 % en Asie du Sud et à 23,7 % en Amérique latine et dans les Caraïbes“, s’alarme la CNUCED.

Signe de la hausse de la dette extérieure sur le continent, elle se situait à 303 milliards de dollars entre 2006 et 2009, soit 24,2 % du revenu national brut en Afrique.

Dans la catégorie des “pays pauvres très endettés“, la Gambie traînait entre 2011 et 2013 une dette de 504 millions de dollars soit 57,3% du revenu national brut, contre 574 millions de dollars et 75,5% du revenu national entre 2006 et 2009.

Ce petit pays d’Afrique de l’Ouest rejoint dans cette catégorie la Côte d’Ivoire dont la dette se situait à 10,93 milliards pour la période 2011-2013, soit 43,4% du revenu national brut contre 12,5 milliards de dettes entre 2006 et 2009, soit 63,8% du revenu national.

Des pays comme le Ghana, le Sénégal, le Mozambique et la Mauritanie sont également logés à la même enseigne avec un ratio entre la dette et le revenu national qui dépasse les 30% entre 2011 et 2013.

"L’explosion de la dette de plusieurs pays africains peut s’expliquer par le meilleur accès aux marchés financiers internationaux dont ces pays bénéficient en raison de la croissance économique vigoureuse que l’Afrique a connue au cours des dix dernières années", expliquent les experts de la CNUCED.

Le Maroc, un "pays pauvre (mais) peu endetté"

Quid de la dette extérieure du Maroc? L'institution onusienne place le Maroc dans la catégorie des "pays pauvres peu endettés" où le stock de la dette extérieure a atteint 311 milliards de dollars entre 2011 et 2013, soit 31,3% du revenu national brut.

Concernant la dette extérieure du Maroc, elle a atteint 34,32 milliards de dollars entre 2011 et 2013 soit 35,4% du revenu national brut. A titre de comparaison, sur la période 2006-2009, cette dette extérieure a atteint 21,06 milliards de dollars soit 26,9% du revenu national brut.

Parallèlement, le rapport de la CNUCED note une augmentation annuelle moyenne de la dette extérieure du Maroc de 10,2% sur la période 2006-2009, tandis que ce pourcentage se situait à 14,6% sur la période 2011-2013.

A titre comparatif, l’Algérie voisine, dans la même catégorie, avait une dette extérieure de 5,59 milliards de dollars pour la période 2011-2013 soit 2,8% du revenu national contre 6,42 milliards de dollars entre 2006 et 2009, soit 4,7% du revenu national.

Le Maroc est cependant mieux loti que la Tunisie qui trainait pour la période 2011-2013 une dette de 24,5 milliards de dollars soit 54,9% du revenu. Un chiffre en augmentation puisqu’il se situait à 20,81 milliards de dollars donc 54,5% du revenu.

Les statistiques du ministère de l'Economie et des finances font état d'une dette extérieur de 301 milliards de dirhams (30 milliards de dollars) en 2015. Elle devrait s'établir à 309 milliards de dirhams (31 milliards de dollars) en 2016, selon la même source.

Et si les partenariats public-privé étaient la solution à l'endettement du continent?

Les défis pour l’avenir du continent sont colossaux. L’Afrique a besoin de 600 à 1.200 milliards de dollars par an pour atteindre ses objectifs de développement alors même qu'elle a déjà perdu 854 milliards de dollars entre 1970 et 2008 à cause des flux financiers illicites, soit 22 milliards par an, souligne le rapport de la CNUCED.

Sur les 600 à 1.200 milliards de dollars dont aurait besoin le continent, 93 milliards au moins devraient être consacrés aux infrastructures. Et justement, sur ce point, les partenariats public-privé peuvent être d’un grand secours.

Le Maroc, qui s'est engagé dans cette voie ces dernières années, fait ainsi office de référence en Afrique. Sur 28 pays que la CNUCED a examinés au cours de la période 1990-2014, le Maroc est sur la deuxième marche du podium continental en termes de partenariat public-privé destinés au développement des infrastructures.

Sur la période considérée, le royaume a investi pas moins de 27,5 milliards de dollars. Il se classe ainsi derrière le Nigéria dont les investissements ont atteint 37,9 milliards de dollars au cours de la période 1990-2014. Dans ce domaine, le Maroc devance des pays comme l’Afrique du Sud (25,6 milliards de dollars), l’Égypte (24,8 milliards de dollars) et l’Algérie (13,2 milliards de dollars).

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