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JO-2016/Dopage: combien de sportifs russes à Rio? Début de réponse par le CIO dimanche

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ATHLTES RUSSES
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Combien de sportifs russes participeront aux JO de Rio? Après l'exclusion des athlètes, dans le sillage des révélations sur le "dopage d'État" russe, le CIO va se prononcer dimanche sur tous les autres, avec en perspective une bataille judiciaire qui pourrait continuer jusqu'aux Jeux.

Une seule certitude: une athlète russe sera au Brésil, la sauteuse en longueur Darya Klishina, la seule repêchée par la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF). Pour tous ses camarades de l'athlétisme, le rêve carioca s'est éteint jeudi avec la confirmation par le Tribunal arbitral du Sport (TAS) de Lausanne (Suisse) de leur suspension par l'IAAF.

Qu'en sera-t-il des volleyeurs, champions olympiques à Londres, des lutteurs, revenus d'Angleterre avec 11 médailles, ou d'Aliya Mustafina, la gymnaste en or aux barres asymétriques?

La réponse est entre les mains du Comité international olympique, qui réunira sa Commission exécutive dimanche, par téléphone. Le verdict tombera par communiqué, dans l'après-midi.

Après les nouvelles révélations du rapport McLaren lundi, le CIO ne devrait pas être encouragé à la clémence.

'Le CIO n'hésitera pas'

"Système de dopage d'État", depuis 2011, dans 30 sports, avec l'aide "active" des services secrets du Kremlin, ironiquement qualifiés de "magiciens", comme lorsqu'il subtilisaient les échantillons russes +sales+ aux Jeux d'hiver de Sotchi 2014 pour les remplacer par des urines +propres+, le tout dans le dos des experts du CIO: le document rédigé par le juriste canadien Richard McLaren, à la demande de l'Agence mondiale antidopage (AMA), fait froid dans le dos.

Après avoir lu ce rapport et dénoncé "une atteinte choquante et sans précédent à l'intégrité des sports et des jeux Olympiques", Thomas Bach, le président du mouvement olympique, a laissé entendre lundi qu'il entendait taper fort: "Le CIO n'hésitera pas à prendre les sanctions les plus strictes possibles".

La pression est grande sur le CIO pour agir avec fermeté. "Les athlètes dans le monde entier ont le plus grand respect pour le CIO, et j'espère que cela sera toujours le cas", avait menacé mardi soir la nageuse zimbabwéenne Kirsty Coventry, double championne olympique, membre de la commission des athlètes de ce même CIO.

Jeudi soir, ce sont quatorze agences nationales de lutte contre le dopage, dont les agences américaine, allemande ou japonaise, qui ont envoyé une lettre commune au CIO, en lui demandant d'agir collectivement.

"Le sport russe n'est pas à un pas, mais à quelques millimètres de l'abîme", résumait vendredi le journal russe Komsomolskaïa Pravda.

"Le CIO est face à une décision très difficile. Nous avons lu le rapport McLaren, extrêmement choquant. Mais nous regrettons que l'AMA ne soit pas venue nous rencontrer en Russie durant son enquête", a plaidé samedi matin Vitali Moutko, le ministre russe des Sports, privé d'accréditation aux Jeux de Rio pour son rôle et celui de son ministère dans le "dopage endémique" russe dénoncé également par le Comité paralympique international.

'C'est aussi de la politique'

"Que les gens l'admettent ou pas, c'est aussi de la politique, et une grande pression est mise sur les gens qui doivent décider", a insisté le ministre dans le journal russe Sport Express.

Mais une éventuelle exclusion de la Russie par le CIO ne signifierait sans doute pas la fin du bras de fer. Car le Comité olympique russe pourrait à son tour faire appel devant le TAS.

Resterait également à connaître l'ampleur de cette éventuelle exclusion. Car ce serait aux diverses Fédérations internationales d'appliquer chacune cette mesure, en repêchant individuellement les sportifs russes qu'elles estimeraient +propres+.

Toutes seront-elles aussi strictes que l'IAAF, qui a repêché la seule Klishina? Pas certain: "Nous espérons qu'en autorisant la participation des sportifs russes, un message positif sera envoyé à la jeunesse qui mérite qu'on lui donne des preuves d'amitié, et non d'une Guerre froide", avait plaidé jeudi soir l'Autrichien Marius Vizer, président de la Fédération internationale de judo.

A moins de deux semaines du coup d'envoi des JO, le casse-tête paraît insoluble.

"Est-ce gérable dans le temps qui nous reste?" s'est interrogé Jean-Christophe Rolland, le président français de la Fédération internationale d'aviron, auprès de l'AFP: "Je ne suis pas certain que l'on puisse terminer une procédure juridiquement tenable dans ce délai".

Et de craindre que certains sportifs russes soient finalement déclarés inéligibles... "après les jeux de Rio".

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