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Youssef Amrani: "Le roi veut ancrer l'Afrique dans un cercle vertueux"

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Youssef Amrani: "Le roi veut encrer l'Afrique dans un cercle vertueux" | MAP
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CO-DÉVELOPPEMENT - Cela faisait un moment que le groupe de presse Le Matin préparait sa conférence internationale pour exposer "La vision du roi Mohammed VI pour le co-développement". Il y a quelques jours, un événement capital pour la diplomatie marocaine a chamboulé le programme: la demande du Maroc de réintégrer l’Union africaine (UA). C’est donc tout naturellement que la diplomatie du royaume en Afrique, pilotée par Mohammed VI, a été largement débattue lors de la conférence qui s’est tenue ce vendredi 22 juillet à Casablanca.

Lors du premier panel, qui s’est penché sur le "sens nouveau" donné à la coopération Sud-Sud, le co-développement voulu par le Maroc en Afrique et sa "vision centrée sur le développement durable" étaient au centre du débat.

"Le Maroc est en train de promouvoir aujourd’hui un co-développement qui s’affranchit des pratiques de conditionnalité qui ont longtemps marqué les relations Nord-Sud et même Sud-Sud. Cette vision de Sa Majesté qui est inédite, audacieuse, mais également ambitieuse pour l’Afrique, constitue pour nous une rupture historique par rapport aux schémas et équations classiques qui ont longtemps dominé la coopération pour le co-développement", a souligné Youssef Amrani, chargé de mission au cabinet royal et ancien ministre délégué aux Affaires étrangères et à la coopération.

Pour ce spécialiste de la diplomatie marocaine en Afrique, "c’est une rupture qui augure un nouveau type de partenariat axé sur le co-développement et dont la valeur ajoutée est la création de richesses communes et d’un espace de paix et de prospérité. Cette rupture s’est également manifestée il y a quelques jours lors du message adressé par Sa Majesté aux pays chefs d’Etats de l’UA".

"L’objectif voulu par le roi est d’ancrer l’Afrique dans un cercle vertueux", a-t-il fait savoir, soulignant qu’"il ne peut y avoir de développement sans sécurité humaine et inversement, il ne peut y avoir de sécurité et de paix durable sans développement".

Lors de son allocution, Youssef Amrani a également insisté sur les bonnes performances du Maroc en matière de coopération. "Si pour le Maroc, la bonne coopération tirait sa force des liens historiques et de confiance, aujourd’hui, elle est plutôt basée sur l’efficacité, la performance et la crédibilité", a-t-il estimé avant de demander à la salle de voir pour exemple "un certain nombre de jeunes entrepreneurs présents qui ont fait le choix de l’Afrique, qui ont cru en l’Afrique et qui ont réussi".

"Notre vision s’est renforcée au fil des années en Afrique, dans les différents domaines. Elle ne peut être effective si elle n’est pas collective, c’est fondamental pour qu’on puisse promouvoir l’essor économique de l’Afrique et répondre aux aspirations de jeunes Africains", a-t-il ajouté.

Rachida Dati et la vision "très anticipée" du roi

Parmi les intervenants, figurait aussi la députée européenne et ancienne Garde des sceaux française (d’origine marocaine), Rachida Dati. "Pour moi, le Maroc c’est ma vie, c’est mon identité, c’est ma famille. Quand on m’invite au Maroc, quelque soit le thème, je dis oui systématiquement", a-t-elle lancé dès son arrivée sur le pupitre.

Celle qui est également maire du 7e arrondissement de Paris depuis 2014 a parlé ensuite de "la diplomatie africaine dont le roi a pris le leadership". "Vous savez, le leadership, soit vous l’avez, soit vous ne l’avez pas. Et je sais de quoi je parle". Cette conférence est "une occasion de rappeler que la vision très anticipée du roi correspond aux besoins de l’époque, du Maroc évidemment, mais aussi de l’Afrique et de l’Europe. Je crois que l’Europe n’en a pas pleinement conscience".

"Le co-développement est pour moi à la fois une philosophie, un programme, mais aussi une méthode d’action. Un co-développement totalement réussi nécessite une impulsion très forte, un Etat tout aussi fort, mais une direction très claire", a-t-elle ajouté.

Le co-dévelopement à travers l’islam

Rachida Dati a par ailleurs évoqué l’attentat de Nice et le rôle que pourrait jouer le Maroc pour la promotion d’une "autre vision de l’islam, un islam du juste milieu qui ne rejette pas ceux qui ne sont pas musulmans".

"La formation d’imams à travers la Fondation Mohammed VI des oulémas africains est capitale. Si le Maroc est un exemple évident pour l’Afrique subsaharienne, j’ose le dire, je souhaiterais également que d’autres pays musulmans s’en inspirent. J’ajoute en direction de ceux qui critiquent la formation d’imams par des États étrangers, qu’il n’y a pas d’autre légitimité que celle d’un pays musulman comme le Maroc pour former à un islam apaisé, transparent, de paix, irrigué d’une très forte spiritualité", a estimé la députée européenne.

Et d’ajouter : "Ce n’est pas faire offense aux pays voisins, mais de ce coté de la Méditerranée, je ne vois aucun autre pays dans cette position. C’est le résultat d’un choix stratégique que d’autres n’ont pas fait".

Parmi les personnalités présentes à la conférence, Lahcen Haddad, ministre du Tourisme, Miguel Angel Moratinos, ancien ministre espagnol aux Affaires étrangères et à la coopération, Cheikh Tidiane Gadio, président de l'Institut panafricain de stratégies, envoyé spécial de l'Organisation de coopération islamique (OCI) en Afrique et ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères, Paulo Portas, ancien vice-premier ministre portugais, ancien ministre des Affaires étrangères et ancien ministre de la Défense du Portugal, et Ahmedou Ould-Abdallah, ancien ministre mauritanien des Affaires étrangères et Afif Chelbi, ancien ministre tunisien de l'Industrie.

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