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Des déléguées républicaines expliquent pourquoi des femmes soutiennent Donald Trump malgré sa misogynie

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CLEVELAND
People watch a television monitor from the upper seats as U.S. Republican Presidential nominee Donald Trump (L) shakes hands with Indiana Governor and Vice Presidential Nominee Mike Pence on the third day of the Republican National Convention in Cleveland, Ohio, U.S. July 20, 2016. REUTERS/Aaron Josefczyk | Aaron Josefczyk / Reuters
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Donald Trump utilise les mots “chiennes”, “fainéantes”, “grosses truies” et “animaux répugnants” pour parler des femmes. Mais la plupart des déléguées de la convention républicaine ont appris à excuser leur candidat controversé et acceptent son côté misogyne.

“J’ai déjà parlé comme ça des hommes - ‘Oh, il est petit, regardez ses petits pieds’. Mais Trump ne va pas trop loin, et ce qui me plaît en lui c'est qu'il dit ce qu’il pense. On s'est trop empêché de le faire”, nous confie Mary Susan, une déléguée de 52 ans de Minneapolis, lors de la convention. “Est-ce que certaines choses qu’il a dites m’ont blessée ? Sans doute, oui. Mais c’est ça, la beauté de notre premier amendement. Tout le monde devrait avoir le droit de dire ce qu’il veut.” 

“Il a permis aux gens comme moi, mère célibataire de l’Amérique rurale, de s’exprimer”

Susan, mère célibataire de trois enfants, explique que Trump lui a permis de s’affirmer et d’oser parler de sujets politiques en public. “En tant que femme, j’ai toujours eu l’impression qu’on m’empêchait de bénéficier des privilèges du premier amendement”, affirme-t-elle. “Il a permis aux gens comme moi, mère célibataire de l’Amérique rurale, de s’exprimer. Personnellement, je trouve qu’il en a plus fait pour moi que les féministes.”

Pour un candidat à l’élection présidentielle, Trump a un lourd passé de commentaires sexistes. Dans son émission de téléréalité, “The Celebrity Apprentice”, il avait dit à une candidate: “Ca doit être sympa de vous voir tomber à genoux.” Il a aussi déclaré que les femmes qui décidaient d’avorter devraient être “punies” si l’avortement devenait illégal. Par ailleurs, quand Megyn Kelly, une journaliste de Fox News, lui avait posé des questions sur son comportement envers les femmes, il avait par la suite déclaré qu’elle devait “saigner de partout” à ce moment-là.
Il en faut plus pour effrayer Sandye Kading, une déléguée républicaine du Dakota du Sud qui s’est mise à apprécier Trump après qu’il a remporté les 1237 délégués nécessaires pour être investi.

“Vous avez parlé de Megyn Kelly”, a dit Kading au HuffPost. “Ca va, elle s’en est remise, et tout le monde devrait en faire autant.” 

“Je suis une femme qui a la langue bien pendue, alors je m’attire des ennuis”, confie Tila Hubrecht, déléguée suppléante du Missouri. “Quand on fait de la politique, il faut savoir encaisser les coups, sinon, il vaut mieux arrêter tout de suite. Chacun ses atouts. Aucun candidat n’est parfait.”

Bien sûr, toutes les femmes de la convention républicaine ne soutiennent pas Trump. Susan Valentine, une militante républicaine de longue date originaire de Virginie, ne votera pas pour un candidat à l’élection présidentielle cette année. Elle place tous ses espoirs dans les élections législatives. “Il y a beaucoup d’autres candidats que l’on doit protéger de Donald Trump”, assure-t-elle.

Valentine dit que “tout” la dérange chez Trump. Elle est choquée par les commentaires qu’il a faits sur les femmes, et en tant que militante anti-avortement, elle est dégoûtée de ses propos sur le sujet. Même le fait que Trump ait choisi comme colistier Mike Pence, gouverneur de l’Indiana et leader national dans la lutte contre le droit des femmes à disposer de leur corps, n’a pas fait changer d’avis Valentine.

“Franchement, vu comment Donald Trump se comporte avec Mike Pence pour l’instant, je me sens mal pour lui”, avoue-t-elle. “Mais c’était courageux de sa part d’accepter l’investiture. Quand on est le colistier de Donald Trump, on peut s’attendre à tout.” 

D’autres femmes apprécient le fait que Trump soit imprévisible et qu’il ne soit pas politiquement correct.

Cet article, publié à l'origine sur le Huffington Post américain, a été traduit de l’anglais par Clémence Lecornué.

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