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Le CESE se penche sur la responsabilité sociétale des organisations

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Tenue de la soixante-quatrième session ordinaire du CESE, le 20 juillet à Rabat | CESE
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SOCIÉTÉ - C'est un concept qui commence à faire son chemin au Maroc. Celui de responsabilité sociétale des entreprises ou des organisations (RSE/RSO), qui vise à pousser toute entreprise ou organisation à intégrer, dans sa stratégie de développement, les questions d'environnement, d'éthique, de droits de l'Homme ou tout ce qui peut avoir un impact positif sur la société.

Une préoccupation de plus en plus mise en avant par la Confédération générale des entreprises marocaines (CGEM), qui a créé un label RSE attribué chaque année aux entreprises les plus impliquées, mais également par le Conseil économique, social et environnemental (CESE) qui, en tant que "donneur d'avis", invite les organisations à prendre en compte la responsabilité sociétale dans leur politique de développement.

Comme le résume Hamid Bouchikhi, Professeur de management et d'entrepreneuriat à l'ESSEC, "l'expression d'entreprise citoyenne a été inventée pour distinguer celles qui ne se contentent pas de se conformer aux lois en matière sociale et environnementale. Autrement dit, "faire de la RSE" consiste à aller au-delà des obligations légales de l'entreprise et à la mêler, positivement, de "ce qui ne la regarde pas".

Mercredi 20 juillet à Rabat, le CESE a ainsi tenu sa 64e session ordinaire, consacrée à la présentation de son projet d'avis sur la RSO, notamment en matière de développement durable et de "démarche verte". Un thème de prédilection pour les entreprises et organisations, alors même que le Maroc doit accueillir la 22e Conférence des parties sur le climat en novembre prochain à Marrakech.

Après avoir défini le concept de la responsabilité sociétale des organisations, le président du CESE, Nizar Baraka, a dressé un état des lieux de ce concept au Maroc et dans les organisations marocaines, et mis en avant les mécanismes de son application et les bénéfices que pourront en tirer l'ensemble des parties prenantes.

Vers la création d'une instance pour le développement durable et la RSO?

Dans son projet d’avis, le Conseil a relevé que l’intégration de la RSO à l’échelle des organisations marocaines est une démarche progressive et qui doit être pensée dans une approche "d’amélioration continue".

"L’intégration de la RSO s’incarne dans la dimension quadripartite entre l’Etat, le tissu économique, les territoires et la société civile", indique le CESE, qui appelle les organisations à favoriser la transition vers "l’économie verte", à consolider l'éthique et la transparence de leurs pratiques, et à renforcer le dialogue social, notamment avec les partenaires de la société civile.

Le CESE a également mis l’accent sur la nécessité de mettre en place une Instance nationale pour le développement durable et la RSO, et d’impulser les principes de l’investissement socialement responsable.

Il a aussi recommandé d'"insuffler" les standards de la RSO à l’ensemble des acteurs économiques et aux petites et moyennes entreprises (PME), et de mobiliser des acteurs non gouvernementaux dans les domaines des droits de l’homme et de la protection de l’environnement.

Toujours est-il que certains observateurs estiment que la RSE se résume pour certains acteurs économiques à de la communication d’entreprises. Qu'en est-il dans les faits? Pour Radia Cheikh Lahlou, fondatrice de Déclic, une agence spécialisée dans le conseil en RSE et la communication responsable, contactée par le HuffPost Maroc, "les entreprises qui se servent de la RSE pour faire du "social washing" ou du "green washing" s'exposent à des risques importants car les parties prenantes (société civile, ONG, pouvoirs publics) veillent à la communication extra-financière des entreprises et peuvent dénoncer ces pratiques. C'est toute la crédibilité de l'entreprise qui est alors en jeu. Pour illustrer le coût du green washing, je vous renvoie au très récent scandale Wolkswagen qui s'engageait à réduire l'emprunte environnementale de ses véhicules alors que des milliers de moteurs étaient trafiqués".

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