Huffpost Tunisie mg

"Prises au pièges:Les femmes sous tutelle masculine en Arabie Saoudite", un nouveau rapport accablant de HRW

Publication: Mis à jour:
WOMEN SAUDIA ARBIA
FILE - In this Friday, Dec. 11, 2015 photo, Saudi women shop at a mall in Riyadh, Saudi Arabia. A new study by Human Rights Watch says Saudi Arabia’s male guardianship system is the most significant impediment to realizing women’s rights in the kingdom. (AP Photo/Khalid Mohammed, File) | ASSOCIATED PRESS
Imprimer

ARABIE SAOUDITE- Consolidé par des témoignages d'hommes et de femmes saoudiens, d'analyse actualisée du système juridico-politique, l'ONG Human Rights Watch (HRW) dresse la situation des femmes saoudiennes à travers rapport accablant de 79 pages, intitulé "Prises au pièges : Halte à la tutelle des hommes sur les femmes en Arabie saoudite ("Boxed In: Women and Saudi Arabia’s Male Guardianship System") et publié le 17 juillet.

Des vidéos pour mieux illustrer l'aberration

Pour pouvoir se rendre à l'étranger, travailler, bénéficier de soins de santé, se marier ou être libérée de prison après avoir purgé sa peine, les Saoudiennes ont besoin de l'autorisation explicite d'un tuteur, qui peut être leur père, leur frère, leur mari et même leur fils.

Afin de démontrer l'insanité du vécu des femmes dans ce pays du Golfe, le HRW a opté pour des illustrations imagées en réalisant des vidéos en dessins animés.

Dans cette première vidéo, il s'agit d'une chirurgienne cardiaque invitée à une grande conférence à Londres. Elle demande la permission de voyager à son fils, qui est là son tuteur. Pris dans une partie de jeu vidéo, le fils lui refuse cette autorisation arguant qu'il a d'autres choses à faire!

"Croyez-le ou non, mon fils est mon tuteur, ce qui est vraiment humiliant...Mon propre fils, celui à qui j’ai donné naissance, celui que j’ai élevé, c’est lui mon tuteur", a déploré une femme de 62 ans, citée dans le rapport.

Cette deuxième vidéo met en scène une femme violentée par son mari, elle trouve refuge dans un centre d'aide. Cependant, sous la pression d'une autre femme qui lui explique qu'il vaut mieux qu'elle retourne à son mari, elle finit par céder et son supplice recommence.

Cette troisième vidéo montre comment une femme qui a purgé sa peine, retourne en prison parce que son père refuse qu'elle rentre à la maison.

En effet, "les autorités gardent une femme incarcérée jusqu'à ce que son tuteur légal vienne la récupérer, même si c’est lui qui l'a fait mettre en prison", a expliqué une militante pour le droit des femmes à Human Rights Watch. Quel destin pour elle alors? On lui cherche sous la contrainte un mariage arrangé ou elle peut être transféré à autre centre.


Une stagnation juridique camouflée par des esquisses de réformes

Confrontée à des appels aux réformes émanant au sein du royaume et de l'extérieur, l'Arabie Saoudite, un Etat théocratique, a amorcé quelques mesures en faveur des femmes. En effet, la Saoudienne a désormais le droit de vote et de représentation aux élections municipales, 30 femmes sont au conseil consultatif le plus haut de la monarchie et une loi punissant les violences domestiques.

Des réformettes qui sont loin d'établir l'égalité dans un pays où les femmes n'ont pas, entre autres, le droit de conduire leur voiture.

LIRE AUSSI: Monde arabe: Lapidation, mariage forcé...des femmes de la région dénoncent et se mobilisent

Le système du tutelle empoissonne les Saoudiennes: "Nous devons toutes vivre dans les cases que nos pères ou maris ont confectionnées pour nous", explique une d'elles, citée dans le rapport.

Un système juridique qui sape leur droits fondamentaux, corroboré avec une culture masculine castratrice. En effet, profitant de système de tutelle, les hommes saoudiens procèdent à des chantages en extorquant des sommes d'argent exorbitantes à des femmes dépendantes de leur tutelle, rapporte de la rapport de HRW.

Face à l'inertie de la monarchie, le HRW tend à convaincre les autorités saoudiennes des ravages du système du tutelle en surfant sur des arguments économiques: "Que les Saoudiennes soient encore contraintes de demander la permission d'un tuteur masculin pour voyager, travailler ou mener d'autres activités constitue une violation de longue date des droits des femmes et un obstacle aux objectifs de reliance de l'économie vises par le gouvernement", a avancé Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Et d'ajouter: "Les autorités saoudiennes gagneraient à enfin écouter les demandes de la moitié de sa population d'être libérée du carcan que leur impose le système de tutelle".

Les autorités saoudiennes vont-ils réagir à cet appel du gain, à défaut de l'appel de l'humain?

En avril 2016, l'Arabie saoudite a annoncé sa " vision pour l'avenir" qui s'échelonnera jusqu'à 20130 où elles ont avancé qu'elle "continuera à développer les talents [des femmes], à investir dans leurs capacités productives et à leur permettre de contribuer au développement de notre société et de notre économie".

Comment et dans quels délais, il y n'a pas plus de précisions. Ceci s’apparente jusqu'à nouvel ordre à une effet d'annonce.

Close
Témoignages de Saoudiennes
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée
Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

À lire aussi sur le HuffPost Maghreb

Close
L'inégalité homme/femme dans le monde arabe
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée

Suggérer une correction