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May B au Festival de Hammamet: Rigueur, humanisme et solitude

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MAY B
festival international de Hammamet
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Plus de 35 ans après sa naissance, May B s’est invitée à l'amphi-théâtre de Hammamet, au grand plaisir des amoureux – ou pas- de danse et de spectacles.

May B est, en effet, un spectacle de danse contemporaine où le sinistre rencontre l'humour, imaginée en 1981 par la célèbre danseuse et chorégraphe française Maguy Marin qui aérodromophobe (qui la phobie des avions), n’était pas parmi la troupe.

Il est 22h20 quand le silence envahit le théâtre situé entre mer et verdure, une magnifique vue avec la pleine lune illuminant la scène. Un silence qui n’a pas duré longtemps, stoppé par l’arrivée sur scène d’une dizaine de figurants affublés de blanc, visages couverts par de la poudre blanche pour quelques-uns d’entre eux. Ils se trainent sur la scène, marchent à l’unisson: que le spectacle commence!

Au programme, des images poétiques voire philosophiques. Suscitant l’émotion pour quelques-uns et hermétiques pour d’autres, d’après les témoignages de certains spectateurs.

Un spectacle, des compréhensions

"Je suis venue de Tunis avec mon fiancé et mon amie, et franchement nous n’avons pas regretté de l’avoir fait, le spectacle était magnifique!", a déclaré Selma, 27 ans, à la sortie du théâtre.

Plusieurs figures artistiques étaient présentes à May B parmi elles, l’actrice Dalila Meftahi qui a affirmé au HuffPost Tunisie qu’elle trouvait magnifique le spectacle, avant d'ajouter "qu’en Tunisie aussi nous avons des gens qui sont capables de faire ça". L’actrice a d’ailleurs tenu à inviter les spectateurs à aller en masse voir le spectacle de marionnettes du tunisien Tarek Bouzid le 18 août.

Le spectacle, bien qu'avant tout visuel, offrait racontait aussi une histoire. Sa compréhension changeait d'une personne à une autre.

"Je pense que ça parle d’un groupe de prisonniers qui essayaient de voler leur liberté, une fois libres, ils sont retournés en prison" a indiquée Dalila Meftahi au HuffPost Tunisie.

"Nous sommes venus de Gafsa pour admirer le spectacle, la soirée était magnifique, ça parlait de liberté, d’esclavage, de handicap", a expliqué quant à lui un groupe de jeunes âgés entre 20 à 23 ans.

"Mon fils, dans May B.!"

Quant à la danseuse tunisienne Sihem Belkhouja, assise, au premier rang, c’est souriante qu’elle indique au HuffPost Tunisie: "C’est un spectacle que je vois pour la 22ème fois mais, ce soir, ma grande émotion est de voir un danseur tunisien dans la pièce, il s’appelle Kais Chouibi il est depuis 7 ans dans cette troupe et il était dans ma troupe".

Pour la danseuse tunisienne, il s’agit d’une "pièce très forte" que "chaque personne voit, comme pour toute autre œuvre chorégraphique, ce qu’elle ressent".

En plein spectacle, certaines personnes se sont levées quittant l'amphithéâtre. Certains évoqueront "une agression visuelle", d'autres,"l'ennui".

Pour Sihem Belkhouja, "il y a certaines personnes qui sont sorties agressées par le comportement physique et c’est intéressant de voir que sur scène, il y a des gens qui ont abusé de leur liberté corporelle et ont dépassé leur limites, moi aussi j’ai vécu ça il y a 5 ou 6 ans. Je présentais ma pièce au festival, le ministre s’est levé et était sur le point de m’interdire la pièce car il a trouvé qu’elle était osée" a t-elle affirmée.

"On a parlé de connotation sexuelle mais je pense que tout le monde touche son corps sauf que quand on le voit sur scène on est dérangé", s’insurge-t-elle avant de conclure "un artiste est là pour souligner effectivement cette écriture corporelle".

Kais Chouibi, le seul tunisien de la pièce

"Pour moi participer à May B, c’est simplement un rêve qui se réalise. Avant j’étais un danseur Hip-Hop, puis j’ai découvert la pièce grâce à Sihem Belkhodja", déclare Kais Chouibi au HuffPost Tunisie.

A peine moins âge que le spectacle, qui a 35 ans, Kais semble vivre un rêve éveillé: "aux jeunes tunisiens qui aiment la danse, je dis que rien n’est impossible", les appelant à persévérer et ne jamais abdiquer.

S'ils devaient garder trois mots du spectacle May B, la troupe répond quasi-unanimement par "Rigueur, humanisme et solitude", "Solitude, car on peut être seul même étant en groupe", lance l’un d’entre eux.

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