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Tunisie: Le nombre d'abus sexuels sur les enfants est passé de 260 à 600 en 2015 (Ministère)

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CHILDREN VIOLENCE
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ENFANCE- Selon les derniers chiffres du ministère de la Femme, de la Famille et de l'Enfance, le nombre d'enfants victimes d'abus sexuels a triplé de 2013 à 2016. Il passe de 261 à 601 précisément, a annoncé Samira Marai, lors d'une conférence de presse organisée mardi le 19 juillet. Elle se réfère aux cas signalés auprès des délégations de l'Enfance, présentes dans toutes les régions.

33% sont victimes d'abus sexuels directement et 51% ont fait l'objet d'harcèlement sexuel, a-t-elle ajouté.

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Cette recrudescence des signalements a été estimée par la ministre comme "un signe positif" car ils contribuent à briser les tabous sur le sujet et à faciliter ainsi la reconnaissance et la prise en charge des victimes.

En effet, le nombre réel serait plus grand, selon les spécialistes, travaillant sur ce sujet.

Moez Chérif, président de l'Association de Protection de l'Enfance, contacté par HuffPost Tunisie a révélé "qu'une étude faite en 2014 auprès des médecins légistes révèle que 80% des violences sexuelles concernent les enfants. Une autre réalisée par les associations d'aide aux mères célibataires démontrent que 50% de ces dernières sont des mineures, ce qui privilégierait la piste de l'abus sexuel".

Près de 50 % des violences sexuelles durant l’enfance font ainsi l’objet de déni ou d’amnésies traumatiques de la part des victimes, pendant des périodes plus ou moins longues.

La loi du silence, les menaces, l’isolement, la honte, le secret marquent fortement la vie des enfants victimes de violences sexuelles.

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La loi du silence entoure aussi l'inceste, "le tabou suprême, c'est le grand absent des débats publics alors que dans nos cabinets", a déclaré au HuffPost Tunisie Sami Othman, pédopsychiatre.

"La peur du scandale et celle d'entacher l'honneur de la famille, sont le plus souvent les raisons avancées par les parents qui préfèrent enterrer l'affaire", a ajouté le pédopsychiatre.

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Visant à mieux accompagner les victimes, Samira Marai a annoncé également lors de la conférence de presse, qu'en attendant la création d'un département au sein du ministère qui sera chargé de cette question, 21 spécialistes en psychologie ont été mobilisés par l'Etat pour suivre les enfants abusés dans leur cheminement thérapeutique.

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