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Syrie: Les habitants d'Alep assiégée craignent la famine

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SYRIE
Des Syriens font la queue pour acheter du pain à Alep le 12 juillet 2016 | AFP/Archives KARAM AL-MASRI
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INTERNATIONAL- Les risques de famine et de pénurie générale s'accroissent pour les plus de 200.000 habitants des quartiers contrôlés par les rebelles à Alep, désormais totalement assiégés par l'armée syrienne.

Divisée depuis 2012 entre des quartiers ouest tenus par le régime et des quartiers est contrôlés par des rebelles, l'ancienne capitale économique de Syrie est l'une des villes les plus affectées par la guerre.

"Je ne sais pas ce qu'il adviendra de nous", déclarait lundi à l'AFP Mohammad Roukbi dans un quartier de l'est d'Alep, le secteur tenu par les insurgés.

"Toutes les routes sont fermées et depuis des jours, on manque de pain, de nourriture, pratiquement de tout", dit cet homme de 38 ans, au chômage et père de 4 enfants.

Des pénuries de nourriture et d'essence se font sentir dans les quartiers rebelles de la deuxième ville de Syrie depuis que les forces du régime de Bachar al-Assad ont coupé le 7 juillet leur dernier axe d'approvisionnement, la route du Castello.

Elles se sont emparées ce week-end de la totalité de cette route, isolant complètement Alep-Est et faisant craindre un long siège.

Le régime n'a pas relâché lundi ses frappes aériennes sur les quartiers rebelles, avec au moins quatre civils tués à Qaterji.

Dans un autre secteur visé par des bombardements, Bab al-Hadid, un correspondant de l'AFP a vu un homme chercher sa famille sous les décombres.

Il a appelé sa fille, qui lui a répondu de dessous les gravats: +Je suis au sous-sol, il n'y a pas d'air+. Au bout d'un moment, la voix s'est tue et le père a éclaté en sanglots.

Des bombes sont ensuite tombées près du correspondant de l'AFP, qui a vu plusieurs blessés, dont une femme ayant perdu sa jambe.

D'après lui, les bombardements sur Alep-Est se sont intensifiés ces derniers jours. Les raids aériens sont désormais continus alors qu'auparavant ils étaient plus espacés.

'Bientôt, la famine'

Dans un autre quartier rebelle, Al-Machad, le mécanicien Mohammad Zaytoun affirme ne plus avoir de travail en raison des pénuries d'essence.

"J'ai des provisions pour à peine une semaine. Si tous les produits alimentaires viennent à manquer au marché, bientôt ça sera la famine", confie à l'AFP cet homme de 44 ans, père de cinq enfants.

Pour des experts, l'avancée de l'armée syrienne, soutenue par l'aviation russe, est un coup très dur pour les insurgés et pourrait être un tournant dans le conflit, qui a fait plus de 280.000 morts depuis son déclenchement en 2011.

"Outre la catastrophe humanitaire, les récents évènements d'Alep sont très importants politiquement parlant", souligne Karim Bitar, de l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

"Privés d'oxygène, les rebelles font face à une mission impossible" alors que le président syrien, lui, est "considérablement plus à l'aise qu'il y a quelques mois".

'Aide vitale'

Selon les Nations unies, près de 600.000 personnes vivent dans des zones assiégées en Syrie, dans la plupart des cas par le régime, sans accès à la nourriture ni à une aide médicale. Des dizaines de personnes sont mortes de faim.

L'ONU, qui n'a pas encore défini Alep-Est comme "zone assiégée", s'est déclarée "très inquiète de l'escalade de la violence" qui "met en danger des centaines de milliers de personnes" dans cette ville.

Elle a appelé "toutes les parties à autoriser la livraison de l'aide humanitaire" et à "l'évacuation des civils qui le désirent".

Le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) a fait état d'une situation "particulièrement inquiétante en raison de la forte concentration d'habitants dans cette zone".

Alors qu'Alep-Est n'a plus reçu aucune aide depuis le 7 juillet, l'Ocha affirme qu'il y a assez de nourriture pour couvrir les besoins de 145.000 personnes pendant un mois mais qu'il y a "une aide vitale qu'il est urgent de livrer".

Sur le plan diplomatique, l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a annoncé vouloir reprendre en août les négociations de paix intersyriennes, après l'échec de deux précédentes sessions à Genève.

Le nouveau ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, accueille mardi à Londres, après une rencontre avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry, une réunion sur la crise syrienne avec ses homologues français, allemand et italien et la chef de la diplomatie de l'UE Federica Mogherini.

"La réunion portera sur la fragile cessation des hostilités, la situation humanitaire désastreuse et les conditions nécessaires pour que les acteurs reprennent des pourparlers sous l'égide de l'ONU", a précisé le Foreign Office.

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