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Comment un photographe américain a fini dans un poste de police à Chefchaouen

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Arrêté par la police à Chefchaouen, un photographe de rue américain témoigne | shooterfiles.com
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PHOTOGRAPHIE - Chefchaouen, la perle bleue du nord du Maroc, est un véritable paradis pour les photographes de rue avides de clichées haut en couleurs. Sauf que cette activité peut tourner au cauchemar pour ces artistes indépendants. C’est le cas notamment pour le photographe américain Forrest Walker, dont le récit, publié début juin sur son blog personnel, fait depuis lundi le buzz sur les réseaux sociaux.

Illustrant son témoignage avec une belle série de street-photos à Chefchaouen, le photographe qui se fait appeler F.D. Walker raconte comment il a été arrêté par les autorités dans cette ville nichée dans les montagnes du Rif. “Il n’y a eu ni altercation ni plainte de la part de quelqu’un. Et non, ce n’est pas illégal de prendre des photos dans la rue au Maroc”, s’étonne le jeune Américain. Pour lui, tout s’est enchaîné trop vite pour qu’il puisse comprendre sur le moment.

"J’étais entouré par cinq policiers”

Après avoir été interrogé par ce qui semblait être un simple habitant sur sa nationalité et lieu de résidence, F.D. Walker se fait poursuivre par trois policiers en civil qui l’ont trainé dans un poste de police de la petite ville. “Ils m’ont pris dans une petite pièce. J’étais entouré par cinq policiers”, raconte-t-il. S’en suivra “un interrogatoire d’une trentaine de minutes”. “Ils m’ont interrogé sur ma profession et ce que je faisais là-bas, assurant que je devais obtenir une autorisation et des papiers afin de prendre des photos de gens au Maroc”.

La communication sera encore plus ardue pour le jeune artiste puisque ses interlocuteurs lui parlaient en français et en arabe, langues qu’il ne comprend que vaguement. Ce n’est finalement que sa nationalité qui le sauvera. “Un policier a appelé l’hôtel où je logeais. A un moment, il interrogeait le réceptionniste sur ma nationalité”, témoigne Forrest Walker, qui dit avoir décelé quelque chose de positif dans le ton de la communication téléphonique.

"Les Turcs sont très louches"

Après la fin de l’appel, changement de ton. “Nous pensions que vous étiez turc (le photographe est installé à Istanbul, ndlr). Mais nous avons vérifié auprès de l’hôtel que vous étiez américain. Nos frères! Donc on sait que vous êtes bien. Les Turcs sont mauvais, très louches, donc on pensait que vous étiez une mauvaise personne. Nous sommes vraiment désolés, c’est de notre faute. Prendre des photos des gens est très louche si vous êtes de Turquie. Mais vous êtes américain!”, lui aurait déclaré l’un des policiers, tout en se confondant en excuses.

Cet incident incompréhensible se terminera sur un ton étrangement convivial. “Profitez de votre séjour, vous êtes notre invité”, aurait glissé un autre policier au photographe de rue en lui serrant la main. Pour F.D. Walker, c’est “l’expérience la plus étrange qu’il a eu à vivre en faisant des photos”.

“100 Cities”

S’il a eu affaire aux autorités, le jeune artiste américain a néanmoins pu capturer par la suite de superbes clichés. Ces derniers figureront d’ailleurs dans son livre en préparation “100 Cities”, sur lequel il planche actuellement. Walker, qui espère terminer ce projet d’ici deux ou trois ans, fera le tour de pas moins de 100 villes dans le monde où il immortalisera des scènes vécues par hasard dans la rue.

Parmi ces villes, Chefchaouen, mais aussi Marrakech, Kiev en Ukraine, Istanbul en Turquie ou encore Budapest en Hongrie. “L’humanité sera au centre de ces clichés. Je capturerai des photos authentiques de la vie de tous les jours et laisserai le spectateur interpréter les photos comme il veut”, explique-t-il dans un article dédié à son projet.

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