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Au Maroc, les publicités sont toujours sexistes

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Le cliché de la "femme au foyer" persiste dans les publicités marocaines | DR
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TÉLÉVISION – Au Maroc, les clichés sexistes ont toujours la vie dure et les annonceurs y sont pour quelque chose. La majorité des publicités qui sont diffusées dans le pays contiennent, en effet, des stéréotypes sur la femme. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée sur le sujet par le Réseau des instances de régulation méditerranéennes (RIRM), en collaboration avec le Conseil audiovisuel d’Andalousie (CAA) et la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA), présentée récemment à Madrid.

Celle-ci indique la prévalence des stéréotypes féminins dans 91% des annonces publicitaires diffusées à la télévision marocaine. Un chiffre alarmant comparé aux résultats de l’étude dans d’autres pays et régions de la Méditerranée (37% en Croatie, 30% en Andalousie et 27% en Catalogne).

L’étude indique également que 78% des publicités marocaines réduisent le rôle de la femme à celle de "femme au foyer". Cette proportion est de 33% en Croatie, 39% en Andalousie, 52% en Catalogne. Aussi, 70% des annonces publicitaires présentent la femme comme un "être vulnérable et dépendant de l’homme". Par contre, aucune publicité montrant la femme comme un objet de désir n’a été trouvée au royaume, note l’étude, principalement pour des raisons culturelles et religieuses.

Confinée dans le rôle d’épouse et de mère

Ces constats rejoignent en tous cas ceux d’une autre étude présentée en avril dernier par la HACA, sur les "stéréotypes de genre à travers la publicité". Pour cette dernière, 138 spots publicitaires télévisuels diffusés sur les deux chaînes de service public Al Aoula et 2M, pendant le mois de juillet 2014, avaient été analysés.

Résultat: les valeurs mises en avant dans ces publicités reflètent une "vision patriarcale" du statut des hommes et des femmes et des rapports sociaux basés sur le genre en général.

L’étude indiquait également que la femme est essentiellement "confinée dans la sphère privée (espace domestique et vie familiale) et dans le rôle traditionnel d'épouse et de mère, "responsable du bien-être des membres de la famille et dépendante du soutien matériel de l'homme, du conseil des autres et de leurs appréciations critiques".

L’homme, lui, est souvent associé "à la sphère publique (espace professionnel et vie sociale), et qu'il est chez lui, généralement un acteur passif, centré sur lui-même (son alimentation, son journal, ses programmes télévisuels) et hors de la maison, un pourvoyeur de fonds, responsable de la sécurité et du bien-être matériel du foyer".

Quelques jours après la fin du ramadan, l’Association marocaine des droits du téléspectateur (AMDT) était montée au créneau pour dénoncer un autre phénomène dont seraient victimes les femmes dans les publicités diffusées dans les télévisions marocaines, à savoir le "le harcèlement sexuel".

Dans son communiqué, l’AMDT fustigeait notamment "le degré de décadence qu’ont atteint certains spots publicitaires qui incitent au harcèlement sexuel contre la femme marocaine, et qui minimisent son parcours militant tout comme ils continuent de diffusent de diffuser les pires stéréotypes".

"Tout ce que le féminisme a construit depuis plus d’un siècle est balayé d’un revers de la main par ce genre de spots", regrettait son président Abdelali Tireguit, contacté par le HuffPost Maroc.

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