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Une énième société étrangère quitterait la Tunisie

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Joseph Shields
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Alors que la Tunisie a mis le paquet pour organiser une conférence internationale sur l’investissement. Un événement d’envergure internationale qui se tiendra au mois de novembre prochain, les investisseurs étrangers continuent de déserter le site Tunisie. Beaucoup d’entreprises ont plié bagage. D’autres menacent de fermer boutique. Une perte de capitaux énorme mettant en péril les ressources financières de l’Etat. La dernière en date est la société de la câblerie auto, Lear Corporation sise à Ben Arous.

La multinationale Lear Corporation est classée n ° 154 sur la liste Fortune 500. Elle est le principal fournisseur de sièges automobiles et électriques de par le monde. Avec son siège social à Southfield Michigan, Lear maintient 240 sites dans 36 pays à travers le monde et emploie environ 136.000 employés. Lear est cotée sous le symbole [ LEA ] sur le New York Stock Exchange.

La décision inopinée de la direction générale de Lear Corporation d’arrêter sa production en Tunisie et de fermer sa filiale tunisienne continue de faire couler beaucoup d’encre.

"A la suite de cette décision imprévue, près de 600 employés se retrouvent, désormais, au chômage" rapporte l’agence TAP. Et
c’est pour des raisons d’instabilité politique et sécuritaire que la société mère a décidé de mettre fin à ses activités en Tunisie et ce malgré l’absence de tensions sociales et le maintien de son rythme de production.

Volatilité des capitaux étrangers

Instabilité et invisibilité: des "alibis" de plus en plus avancés par les multinationales qui ont choisi de délocaliser une partie ou la
totalité de leur production "inside". Des réunions au siège du gouvernorat de Ben Arous ont commencé hier entre le syndicat de base et la direction de l’usine pour trouver une solution et régulariser la situation de 600 employés qui se sont trouvés du jour au lendemain en chômage.

Une situation préoccupante qui dénote de la volatilité croissante des capitaux étrangers. Il est vrai que le nouveau code d’investissement accorde davantage de liberté aux investisseurs, mais faut-il, toutefois, disposer de garde-fous nécessaires pour protéger les emplois existants et préserver l’intérêt général.

Trop d’incitations tuent les incitations

Le cas de "Lear Corporation" n’est qu’une goutte dans l’océan. A défaut de rentabilité et de retour sur investissements, d’autres
multinationales pourraient suspendre leurs activités en Tunisie à l’instar des sociétés pétrolières.

En effet, trop d’incitations tuent les incitations. La rationalisation des avantages fiscaux et parafiscaux serait de mise de manière à rompre définitivement avec les politiques propices aux chasseurs de rente. Cela dit, l’amélioration du climat des affaires reste une condition sine qua non à la préservation des investissements déjà en place. Déficit budgétaire oblige, toute fuite de capitaux constitue une perte sèche pour les recettes de l’Etat. Une caisse asséchée en quête de ressources tous azimuts.

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