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Le Syndicat des journalistes dénonce une mafia médiatique liée à l'État, à l'origine d'extorsion de fonds

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NEJI BGHOURI
Facebook/Neji Bghouri
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Selon le Syndicat National des Journalistes Tunisiens, plusieurs médias qualifiés de "nauséabonds" pratiquent l'extorsion de fonds opérant en toute légalité, couverte par l'appareil de l'État, indique un communiqué publié le 18 juillet.

Signé par la Fédération tunisienne des directeurs de journaux, la Ligue tunisienne des droits de l'Homme et l'Instance nationale de lutte contre la corruption, le communiqué appelle les autorités à mettre un terme à l'existence de médias "nauséabonds" qui "représentent une menace réelle à la liberté de la presse, d'opinion et d'expression" indique le communiqué.

Les griefs de ces organisations se portent à titre d'exemple sur le média en ligne "Althawra news", dénotant des "violations de la loi et de l'éthique du journalisme" et un "rythme croissant de diffamation et attentat à la pudeur et la diffusion des données personnelles".

Selon le communiqué, ces violations se concrétisent en "crimes organisés qui regroupent des lobbys corrompus à l'intérieur de l'appareil de l'État spécialisés dans l'extorsion sous couvert de presse, de liberté d'opinion et d'expression". Pour le SNJT, Altharwra News en est l'exemple le plus flagrant et "son propriétaire n'a aucune relation avec le métier de journaliste, et jouit d'une certaine forme d'immunité juridique et judiciaire".

Malgré une centaine de plaintes portées contre le propriétaire du média en question, celles-ci restent lettres mortes affirme le SNJT avant d'ajouter: "ce qui prouve ce qui se dit sur la scène politique et médiatique que ces pratiques d'extorsions profitent de l'appareil de l'État principalement au niveau du ministère de l'Intérieur, de la Justice et des Finances".

Le SNJT et les signataires de ce communiqué appellent le gouvernement ainsi que l'Assemblée des Représentants du Peuple à prendre leurs responsabilités face à ce phénomène "mafieux" tout en indiquant être sur le point de préparer "une liste des noms des fonctionnaires de l'État au niveau de l'appareil sécuritaire, judiciaire et financier impliqués dans cette mafia ainsi que des hommes d'affaires les finançant".

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