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Rétablissement de la peine de mort, purges... Erdogan en pleine poussée d'autoritarisme après la tentative de putsch en Turquie

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ERDOGAN
Turkish President Recep Tayyip Erdogan delivers a speech in Istanbul, Saturday, July 16, 2016. Forces loyal to Erdogan quashed a coup attempt in a night of explosions, air battles and gunfire that left some hundreds of people dead and scores of others wounded Saturday. The chaos Friday night and Saturday came amid a period of political turmoil in Turkey _ a NATO member and key Western ally in the fight against the Islamic State group _ that critics blame on Erdogan's increasingly authoritarian r | ASSOCIATED PRESS
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TURQUIE - "C'est la loi dans un Etat démocratique d'analyser et de débattre de toute question", a déclaré samedi 16 juillet Recep Tayyip Erdogan devant des milliers de sympathisants à Istanbul. Et ce dont il est "question", c'est le rétablissement de la peine de mort, en réponse au coup d'État raté fomenté par des militaires turcs.

Le président turc envisage en effet que la peine capitale, abolie dans le pays en 2002, puisse être rétablie, après un débat au Parlement. Et il n'est pas le seul, son premier ministre, Binali Yildirim, l'a également clairement évoquée.

À l'endroit des putschistes, le chef du gouvernement turc a déclaré que "ces lâches se verront infliger la peine qu'ils méritent", expliquant que la peine de mort devait être reconsidérée pour ceux qui ont laissé "une tâche noire" sur la démocratie. Selon lui, ces modifications législatives permettraient de s'assurer que cela ne se reproduira plus.

Par ailleurs, comme ceci est souligné par The Independent, le hashtag #Idamistiyorum ("je veux la peine de mort") s'est hissé en tête des tendances Twitter en Turquie. Car après la tentative de coup d'État qui a coûté la vie à au moins 265 personnes, c'est bien une ambiance de chasse aux sorcières qui règne dans le pays.

Purges dans l'administration

Juste après la putsch avorté, les autorités turques ont révoqué 2745 juges dans le pays. Cinq membre du HSYK (le conseil supérieur de la magistrature turc) ont également été remerciés. Pour ce qui est de l'armée, 2839 militaires ont été arrêtés, a annoncé le premier ministre turc.

Environ 6000 personnes étaient en garde à vue dimanche matin a indiqué le ministre de la Justice Bekir Bozdag, ajoutant que "le grand ménage continue".

Après ces annonces, certains pays occidentaux ont appelé la Turquie à ne pas verser dans la purge aveugle. Le ministre canadien des Affaires étrangères Stéphane Dion a enjoint samedi Ankara de régler "l'après coup d'État" selon les "principes fondamentaux de la démocratie", en évitant notamment "tout châtiment collectif", alors que des images de militaires lynchés par la foule circulent sur les réseaux sociaux.

"Il faut faire preuve de discernement, s'assurer que les personnes traduites en justice puissent avoir la chance de prouver qu'elles sont innocentes ou faire valoir leur point de vue selon les règles de justice fondamentales que nous nous efforçons de respecter", a-t-il encore rappelé.

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