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L'attentat de Nice revendiqué par les jihadistes de l'Etat islamique

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NICE
NICE, FRANCE - JULY 16: Flowers and tributes are laid on the Promenade des Anglais on July 16, 2016 in Nice, France. Five people believed to be linked to the man who killed 84 people in Nice are in police custody according to a statement by the Paris prosecutor's office after a French-Tunisian attacker killed 84 people as he drove a lorry through crowds who had gathered to watch a firework display during Bastille Day Celebrations. The attacker then opened fire on people in the crowd before bein | Carl Court via Getty Images
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Le groupe terroriste Etat islamique (EI) a revendiqué samedi l'attentat qui a fait 84 morts, dont dix enfants, le 14 juillet à Nice, mais les enquêteurs s'interrogent toujours sur les motivations du tueur, dont la radicalisation islamiste n'est pas avérée.

La France, frappée par une tuerie de masse pour la troisième fois en 18 mois, avec un bilan global de 231 morts, entame trois jours de deuil national qui culminera lundi avec une minute de silence à 12H00. Samedi midi, sonnera le glas des cathédrales, notamment à Notre-Dame-de-Paris.

"Nous n'en avons pas terminé" avec le "terrorisme", a prévenu vendredi François Hollande, qui présidait samedi matin un deuxième Conseil de sécurité et de défense avant de réunir le gouvernement. Mais le semblant d'unité nationale qui avait suivi les attaques terroriste de janvier et novembre 2015 a laissé cette fois la place aux critiques de l'opposition dès après le carnage de Nice, où Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, un Tunisien au volant d'un camion, a foncé sur la foule venue assister jeudi soir au feu d'artifice de la fête nationale sur la très touristique Promenade des Anglais.

Le tueur "est un soldat de l'Etat islamique" qui a agi "en réponse aux appels lancés pour prendre pour cible les ressortissants des pays de la coalition qui combat l'EI", affirme samedi l'agence Amaq liée au groupe terroriste qui avait déjà revendiqué les attentats parisiens du 13 novembre, les plus meurtriers jamais commis en France avec 130 morts.

Quatre nouvelles interpellations

Le procureur de Paris François Molins, à la tête du parquet antiterroriste saisi de l'enquête, avait relevé dès vendredi que l'attaque correspondait "très exactement aux appels permanents au meurtre" des groupes terroriste. Au premier rang desquels l'EI qui appelle dans sa propagande à commettre des attaques avec les moyens du bord, comme, par exemple, des voitures.

L'enquête doit déterminer les motivations de Lahouaiej-Bouhlel. Outre son ex-épouse, quatre hommes de son entourage ont été interpellés vendredi et samedi à Nice et placés en garde à vue.

"Le tueur était en relation avec des personnes elles-mêmes en contact avec des islamistes radicaux", a-t-on affirmé à l'AFP de source proche de l'enquête, "mais à ce stade cela ne prouve rien et l'enquête devra établir s'il a bénéficié de complicités".

Pour le Premier ministre Manuel Valls, "c'est un terroriste sans doute lié à l'islamisme radical". Mais son ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a refusé pour l'heure de confirmer un tel lien.

Ce chauffeur-livreur en instance de divorce était "totalement inconnu des services de renseignement" et n'était pas signalé pour une quelconque radicalisation, a assuré François Molins. Il était en revanche connu de la justice pour des "faits de menaces, violences, vols et dégradations commis entre 2010 et 2016".

Lahouaiej-Bouhlel, père de famille de 31 ans, avait fait une dépression au début des années 2000 et n'avait pas de lien avec la religion, a affirmé à l'AFP son père en Tunisie. "Il devenait colérique, il criait, il cassait tout ce qu'il trouvait devant lui." L'homme est également décrit par ses voisins à Nice comme n'ayant aucune pratique religieuse affichée, taciturne, violent notamment envers son ex-femme.

Les enquêteurs ont retrouvé à bord du camion frigorifique de 19 tonnes qu'il avait loué avant la tuerie un pistolet, avec lequel il a tiré sur des policiers, mais aussi des armes factices.

Il a été abattu par la police après avoir semé la mort sur deux kilomètres de la Promenade des Anglais, en bord de mer de la capitale de la Côte d'Azur, où 30.000 personnes étaient rassemblées pour le 14-Juillet. Des passants continuaient d'y affluer samedi pour y déposer fleurs et petits mots.

"Résultats de terrain"

Dix enfants et adolescents ont été tués ainsi que plusieurs étrangers, dont trois Allemands, trois Tunisiens, et deux Américains. Le bilan pourrait encore s'alourdir avec plus de 200 blessés, dont 25 étaient encore en réanimation vendredi.

"Les gens étaient broyés par les roues, il y a deux petits de huit ou neuf ans qui sont morts à côté de nous", sous les yeux de leurs parents, a raconté Bachir, rencontré par l'AFP dans un hôpital niçois.

François Hollande a déjà annoncé une prolongation pour trois mois de l'état d'urgence, instauré après le 13 novembre mais qui devait s'achever le 26 juillet. Les perquisitions administratives seront à nouveau autorisées.

Pour autant, le débat politique fait rage sur la riposte politique adéquate. "Si tous les moyens avaient été pris, le drame n'aurait pas eu lieu", a lancé vendredi l'ancien Premier ministre Alain Juppé. "On ne va pas tous les six mois revenir pour pleurer des victimes, donc il y a un moment, qui va venir bientôt, où il va falloir dire les choses, non pas pour les dire mais pour les faire", a renchéri à Nice l'ex-président Nicolas Sarkozy.

De son côté, la présidente du Front national Marine Le Pen a jugé "urgent" de "déclarer" la "guerre contre le fléau du fondamentalisme religieux".

Le chef de l'Etat a riposté en rejetant toute "outrance" ou "excès".

Mais la presse, à l'instar de Libération, demande aussi samedi au gouvernement "un diagnostic sur nos échecs et nos victoires". "Pour gagner la guerre, il faut la mener sans demi-mesure ni pusillanimité", tonne Le Figaro, quand le Midi Libre résume: "oui à la cohésion nationale, mais, oui aussi à des résultats de terrain".

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