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Accès aux études supérieures: Le Maroc doit-il revoir son système d'orientation?

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Études: Le Maroc doit-il revoir son système d'orientation? | DR
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ÉDUCATION - C'est l'un des problèmes majeurs auxquels sont confrontés les étudiants marocains: l'orientation, ou le manque d'orientation académique une fois le bac en poche. Car souvent, le choix de la filière se fait en fonction de la note obtenue et des disponibilités des places dans les écoles supérieures et universités, plutôt que par conviction ou par choix de carrière.
"Même avec une mention très bien au bac, j’ai eu beaucoup de difficultés à me décider pour choisir ce que j'allais faire après. Ceci est dû à plusieurs raisons dont mon jeune âge, un manque d’encadrement au niveau de l’école et principalement un manque de choix de filières ici au Maroc. Le responsable de l’orientation nous a rarement rendu visite au lycée", raconte une étudiante en sciences politiques.

"Il n’y avait personne pour répondre à mes questions et les avis que j’ai reçus de la part de mes professeurs et de ma famille m’ont rendus beaucoup plus confuse et hésitante. Je savais ce que les autres voulaient, mais pas ce que moi je voulais. J’estime qu’en tant qu’étudiante marocaine, je ne suis pas très libre de mon choix. Il existe plusieurs contraintes sociales qui font que mes orientations dépendent moins de mes tendances que du nombre de places disponibles", ajoute-t-elle.

Un problème de communication

Et si le processus d'orientation au Maroc était finalement à revoir? "Le problème, ce n’est pas du tout l’orientation. Le vrai problème est la communication: la famille est la première source d’information et de motivation pour l’élève, ensuite il y a Internet. Nous sommes dans un pays libéral qui connaît une nouvelle ère technologique. Il ne faut pas s’attendre à subir une orientation, celle-ci ne se fait qu’au niveau du collège et lycée. À 18 ans, un élève est déjà responsable et apte à se décider pour son avenir", tranche le ministre de l'Enseignement supérieur Lahcen Daoudi, contacté par le HuffPost Maroc.

"Au Maroc, ce qui manque le plus, ce sont les places et pas autre chose. Les places sont très limitées dans les écoles supérieures et universités par rapport aux besoins du pays dans plusieurs secteurs comme la médecine et l’automobile. C’est pour cela qu’on a créé 15 écoles polytechniques au Maroc pour offrir plus de choix et d’opportunités de carrière aux étudiants marocains. L’État est toujours en train d’investir dans le secteur de l’éducation", ajoute le ministre.

Selon lui, ce n’est pas tant un problème d’orientation que de notes obtenues: "ceux qui ont de mauvaises notes ne seront jamais privilégiés. Si tu veux être médecin ou ingénieur, il faut avoir de bonnes notes et de bonnes bases. Celui qui n’a réussi son bac qu’avec 10 de moyenne n’aura évidemment pas de choix. Il prendra le reste, les facultés de toute façon ont un accès ouvert et régulier".

"Les responsables visitent rarement les établissements"

Même son de cloche chez un enseignant du lycée technique Mohammed VI à Marrakech: "L'élève brillant a des choix divers et plusieurs accès aux grandes écoles, contrairement à l'élève moyen". Mais d'autres raisons peuvent expliquer selon lui les mauvaises orientations. La première est liée à la famille: "On a plusieurs cas d'élèves au lycée dont choix de la filière a été imposé par les parents ou pour éviter le mécontentement de ces derniers".

Surtout, "le système d'orientation n’est pas consistant puisque les responsables visitent très rarement les établissements. La source pour faire ses choix reste Internet ou les parents". Conséquence: "Une mauvaise intégration et un manque d'épanouissement chez ces élèves", estime notre interlocuteur.

Face à cette situation, certains n'hésitent pas à prendre en main leur choix de carrière. C'est le cas de deux élèves du lycée Mohammed VI qui "ont eu de mauvaises notes au lycée en raison d'une mauvaise orientation, ce qui ne leur ouvrirait certainement pas beaucoup de portes. Ils ont donc choisi de repasser le bac en changeant de filière. Le résultat était très surprenant et satisfaisant. Ils ont eu de très bonnes notes et ont été classés parmi les 10 premiers au Maroc en session BTS au lycée même Pour les encourager et les recomposer, le ministère de l'Éducation leur a offert un accès libre et sans concours dans une école d'ingénieurs. Un bel exemple qui montre qu'il n’est jamais trop tard, et qu'on peut toujours se rattraper", conclut cet enseignant.

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