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Voilà pourquoi l'Autopilot des voitures Tesla porte très mal son nom

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Voilà pourquoi l'Autopilot de Tesla porte très mal son nom | Reuters Staff / Reuters
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AUTOMOBILE - Série noire pour Tesla. Le constructeur automobile fondé par Elon Musk est dans le collimateur du gendarme des marchés américain, rapporte le Wall Street Journal.

L'autorité des marchés financiers (SEC) veut savoir s'il aurait dû l'informer de l'accident impliquant une Model S le 7 mai en Floride, qui a tué une personne. Sachant que les 18 et 19 mai, Tesla a procédé à une levée de fonds de deux milliards de dollars.

Le dossier est ultra sensible pour Tesla après l'ouverture de deux enquêtes aux Etats-Unis sur Autopilot, son système d'aide à la conduite automatique. Il était notamment enclenché lors de la collision mortelle avec un camion en Floride. Et il a été à nouveau mis en cause le 7 juillet dans un accident qui a fait deux blessés.

Les investisseurs seront-ils toujours aussi friands de Tesla si les promesses de voiture autonome s'évaporent? Dans son "grand plan secret" dévoilé en août 2006, Elon Musk avait expliqué qu'il allait réinventer l'automobile grâce à l'électricité. Depuis 2015, il surfe aussi sur la vague de la voiture autonome avec un logiciel de pilotage automatique.

2 secondes pour reprendre le contrôle du véhicule

Aujourd'hui, les observateurs s'interrogent sur sa fiabilité. En réalité, ils auraient dû se pencher plus attentivement sur la nature d'Autopilot. Loin d'être capable de remplacer le conducteur, c'est une simple aide à la conduite, si l'on s'en remet à la classification américaine.

Les normes de la NHTSA fixent cinq niveaux d'autonomie, de 0 à 4. A 0, le conducteur assume toute la conduite, tout le temps. A 4, tout est automatisé, le véhicule peut conduire à vide. Une chimère à l'heure actuelle puisqu'il faudrait doubler, voire tripler, tous les systèmes de conduite, comme sur un avion.

Le logiciel Autopilot de Tesla appartient au niveau 2, au même titre que le Park Assist (l'aide au stationnement), le recentrage en cas franchissement de ligne, ou un assistant de conduite pour les embouteillages. "A ce niveau d'autonomie, on estime que le conducteur doit pouvoir reprendre le contrôle de son véhicule dans un laps de temps de 2 secondes", décrypte pour Le HuffPost Franceun expert en sécurité automobile. Au niveau 3, ce que vise la Google Car et les projets de PSA pour 2018, la frontière est estimée à 10 secondes.

A chaque démarrage, Tesla demande d'ailleurs l'accord explicite du conducteur. Il n'a pas manqué de le rappeler dans son communiqué de presse à propos du drame du 7 mai:

"Il est important de noter que Tesla désactive Autopilot par défaut et exige la reconnaissance explicite que le système est une nouvelle technologie et encore en phase de bêta avant qu'il ne puisse être activé. Lorsque les pilotes activent Autopilot, le formulaire de consentement explique, entre autres choses, que Autopilot "est une fonction d'assistance qui vous oblige à garder vos mains sur le volant en tout temps" et que "vous avez besoin pour maintenir le contrôle et la responsabilité de votre véhicule" tout en l'utilisant".

Pour notre expert, "juridiquement, ils s'en sortent. Mais ce que font les clients, c'est l'utiliser comme pilote automatique. Le débat est de savoir s'il y a une promesse exagérée? Est-ce que le marketing pousse le client à être imprudent?"

Lors de l'accident en Floride, le conducteur n'a pas réagi à temps alors que l'Autopilot n'a pas compris le danger du camion qui a croisé sa route. Le 24 mai, une vidéo d'un conducteur faisant "la sieste" au volant de sa Tesla est devenue virale (plus d'1 million de vues le 12 juillet). Ces imprudences ont déjà leur "bêtisier".

Bien sûr, Tesla ne peut pas être tenu responsable de toutes ces erreurs. Mais l'optimisme d'Elon Musk n'est pas exempt de tout reproche. En 2015, il estimait n'avoir besoin que de deux ans pour concevoir des voitures totalement autonomes.

“C'est un problème bien plus simple que ne le pensent les gens. Mais ce n'est pas un problème George Hotz, à la "un-type-en-trois-mois". Vous comprenez, c'est plutôt des milliers de gens pendant deux ans", a-t-il déclaré selon Fortune.

On en reparle dans six mois? Mais d'ici là, n'oubliez pas: 2 secondes.

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