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Dérapage budgétaire: la zone euro enclenche le processus de sanctions contre Lisbonne et Madrid

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MINISTRE ESPAGNOL CONOMIE
Le ministre de l'Economie espagnol Luis de Guindos lors d'une réunion de l'Eurogroup à Luxembourg le 16 juin 2016 | AFP
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Les ministres des Finances de la zone euro ont enclenché mardi une procédure de sanctions, inédite dans l'histoire de la monnaie unique, à l'encontre de l'Espagne et du Portugal en dérapage budgétaire.

Moins de trois semaines après la décision par référendum des Britanniques de sortir de l'UE, cette démarche sans précédent pourrait faire craindre de nouvelles critiques contre l'orthodoxie budgétaire préconisée par Bruxelles, même si plusieurs signaux laissent penser que la clémence sera de mise.

Réunis dans le cadre d'un conseil des grands argentiers de l'UE à Bruxelles, les ministres ont constaté que l'Espagne et le Portugal "n'ont pas pris les mesures nécessaires" pour corriger leurs déficits, ce qui déclenche un processus de sanctions, écrivent-ils dans un communiqué.

"La Commission européenne a 20 jours pour recommander au Conseil (des ministres, ndlr) des décisions sur des amendes", ajoutent les ministres.

"Ces amendes devraient atteindre jusqu'à 0,2% du Produit Intérieur Brut (PIB). L'Espagne et le Portugal peuvent cependant soumettre d'ici dix jours leurs arguments pour obtenir une réduction des amendes", précisent-ils.

"Je suis convaincu que nous arriverons à la fin à un résultat intelligent", a observé le ministre slovaque des Finances, Peter Kazimir, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union européenne.

Avant l'annonce de cette décision, le ministre portugais des Finances, Mario Centeno, avait assuré que son pays "va se battre pour que la poursuite de ce processus n’entraîne aucune conséquence pour l’effort budgétaire du Portugal, qui est déjà assez important", faisant ainsi allusion à une "sanction zéro".

Le ministre espagnol de l'Economie Luis de Guindos a lui aussi promis, avant même l'annonce à Bruxelles, que l'Espagne présenterait rapidement ses arguments et qu'il était "de plus en plus convaincu" que l'amende se monterait à "zéro".

Après l'annonce, le ministre français des Finances Michel Sapin a plaidé pour une certaine souplesse.

"La position qui est la mienne, c’est le respect des règles dans le respect des situations. Des situations de chacun de ces pays. Au fond, ça se dit très simplement : il faut appliquer les règles intelligemment", a-t-il expliqué à des journalistes.

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