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Pour Ilyas El Omari, "le Maroc ne sera jamais une poubelle"

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Ilyas El Omari, président de la Région Tanger-Tétouan-Al Hoceima (PAM) | DR
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CLIMAT – C’est avec sa casquette de président de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima que s’est présenté Ilyas El Omari, ce lundi à Casablanca, pour parler de l’état d’avancement des préparatifs de la MedCOP Climat 2016.

L’évènement, qui se veut un "tournant dans la mise en place d’une logique d’action solidaire au profit de l’agenda méditerranéen en matière de changement climatique", aura lieu les 18 et 19 juillet prochains à Tanger.

D'emblée, le ton a été donné par El Omari: "Je suis là, aujourd’hui, en tant que président d’une région, et non en tant que politicien affilié à un parti. Ne vous attendez donc pas à des scoops de ma part, vous n’en aurez pas".

Mais les journalistes présents à la conférence de presse n’ont pas lâché l’affaire. Ilyas El Omari a été, notamment, interrogé sur la polémique déclenchée par l’importation de déchets italiens par le Maroc, polémique visant principalement Hakima El Haité, en tant que ministre chargée l’Environnement.

Pas de polémique

"Bien sûr, j’ai mon avis sur la question, mais je ne peux pas vous en parler ici. Ce n’est ni le moment, ni le lieu approprié. Je ne veux pas de polémique. Si c'était le cas, j’aurais fait un communiqué de presse pour me prononcer sur l'affaire", a-t-il d’abord lâché, avant de révéler qu'il a adressé, "en tant que président de région, un courrier au Chef du gouvernement à ce sujet. Je vous tiendrai au courant dès que j'aurai reçu une réponse."

Le patron du parti du tracteur a ajouté qu’il n’était pas "qualifié pour déterminer la dangerosité de ces déchets et leur impact sur l’environnement". "Mais soyez surs que notre pays fait des efforts dans ce sens. Notre pays n’est pas une poubelle et ne le sera jamais", a-t-il martelé.

Pour ce qui est de la MedCOP, Tanger est aujourd'hui "prête à accueillir l'événement", assure El Omari. "Toutes les parties qui ont été conviées pour participer ont répondu présentes. Parmi celles-ci, des organisations non-gouvernementales et des présidents de municipalités".

Pour cette seconde édition de la MedCOP, une importance particulière a été accordée aux femmes et aux jeunes. Ilyas El Omari invite à y voir "un signal de la région pour dire que leur contribution est nécessaire, aussi bien dans l’organisation de cet évènement que dans la préservation du climat", a souligné El Omari.

Pour ce dernier, la "Méditerranée, qui était considérée dans le passé comme le berceau de plusieurs civilisations est devenue aujourd’hui un cimetière collectif pour plusieurs citoyennes et citoyens en quête de liberté et d'une vie meilleure". Et de promettre : "On essaiera au maximum d’éloigner le fantôme de la mort de la Méditerranée".

"La prise de conscience est là"

Plusieurs personnalités sont par ailleurs attendues pour cette MedCOP. L’ouverture sera assurée par Ségolène Royal, ministre française de l’Environnement et présidente de la COP21, ainsi que par Salaheddine Mezouar, président de la COP22 et ministre des Affaires étrangères.

"C’est véritablement un travail collectif. D'où l'importance d’avoir ces personnalités. Mais le mieux, c’est que chaque participant puisse proposer des idées, des solutions. Pour cela, il faut être capable de comprendre les autres, de les écouter, de les aider, d'être capable de travailler ensemble. Comment? En allant à Marrakech le 7 novembre, bien sûr, en tant que porteur de la voie méditerranéenne. Mais l’idée n’est pas de réussir une conférence internationale. L'idée, c’est de réussir la mise en action", explique Gilles Berhault, conseiller spécial de l’évènement, dans une déclaration au HuffPost Maroc.

"Je crois que tout le monde a saisi l'enjeu aujourd’hui, y compris à travers les polémiques qui naissent dans les pays sur beaucoup de sujets. La prise de conscience est là. Les associations environnementales ont beaucoup œuvré pour cela, mais aujourd’hui, c’est toute la société qui a compris qu’on ne pourra pas se développer sans préserver le climat. Le chantier est énorme. Le message important de cette MedCOP, c’est: oui, on peut y arriver", a-t-il ajouté.

Pour ce qui est du volet financier de l’évènement, la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima n’a pas souhaité en dire beaucoup. À en croire un membre du comité d'organisation, le budget alloué par le Conseil de la région à la MedCOP serait de 16 millions de dirhams. A ce chiffre, il faudrait ajouter les financements apportés, entre autres, par les sponsors et les pays du pourtour méditerranéen.

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