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Irak: les principaux chefs de la sécurité à Bagdad limogés, nouvel attentat meurtrier

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People gather at the site of a suicide attack at the entrance of the Shi'ite Mausoleum of Sayid Mohammed bin Ali al-Hadi in Balad, north of Baghdad, Iraq, July 8, 2016. REUTERS/Thaier Al-Sudani | Thaier Al-Sudani / Reuters
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Trois chefs de la sécurité à Bagdad ont été limogés après un attentat dévastateur dans la capitale irakienne, a annoncé vendredi le bureau du Premier ministre, quelques heures après une nouvelle attaque jihadiste qui a fait 40 morts plus au nord.

Le bureau de Haider Abadi a également confirmé que la démission du ministre de l'Intérieur, qui lui a été soumise à la suite de l'attentat suicide de dimanche (292 morts) dans le quartier de Karrada à Bagdad, avait été acceptée.

Le groupe terroriste Etat islamique (EI) a revendiqué l'attentat de Bagdad perpétré à l'aide d'un minibus piégé ainsi que l'attaque contre un mausolée chiite menée jeudi soir dans la ville de Balad, à 70 km au nord de la capitale.

L'attentat de Bagdad, l'un des plus sanglants qu'ait connu l'Irak depuis l'invasion américaine du pays en 2003, a fait également 200 blessés et provoqué la colère de la population qui juge les autorités incapables de les protéger.

Au moment de cette attaque qui a fait d'immenses dégâts, de nombreux habitants faisaient leurs courses pour la fête du Fitr, qui marque la fin du mois de jeûne du ramadan.

M. Abadi a "donné l'ordre de relever de leurs fonctions le commandant des opérations pour Bagdad" ainsi que les responsables de la sécurité et des renseignements", selon un communiqué publié vendredi par son bureau.

Le commandant des opérations est le lieutenant-général Abdelamir Al-Chimmari. Un proche de M. Abadi a expliqué que les autres responsables démis étaient le chef des renseignements pour Bagdad au ministère de l'Intérieur et le responsable en charge de la capitale au bureau du conseiller de la sécurité nationale.

M. Abadi a également accepté la démission du ministre de l'Intérieur Mohammed al-Ghabbane mardi, le jour même où il l'avait présenté, précise vendredi le communiqué de son bureau.

Cela confirme ce qu'avait déclaré à l'AFP cette semaine un responsable du bureau du Premier ministre sous le couvert de l'anonymat.

- Obus, tirs et kamikazes -

Jeudi soir, l'EI a mené un assaut meurtrier dans la ville majoritairement chiite de Balad qui a fait 40 morts et 74 blessés, selon le porte-parole du ministère de la Santé, Ahmed al-Rudaini.

Des assaillants ont bombardé aux obus de mortier le mausolée Sayyed Mohammed -fils d'un imam vénéré par la communauté musulmane chiite- avant l'arrivée sur place de kamikazes vêtus d'uniformes militaires qui ont à leur tour ouvert le feu, a indiqué le commandement militaire des opérations conjointes.

Deux des kamikazes se sont ensuite fait exploser et le troisième a été tué et sa ceinture explosive désamorcée, a-t-il ajouté. Aucun n'a réussi à pénétrer dans le mausolée.

L'attentat a provoqué un incendie et des dégâts importants sur un marché proche, selon un journaliste de l'AFP sur place.

L'EI a précisé dans un communiqué que 5 jihadistes avaient tué des gardes du mausolée puis affronté les forces de sécurité pendant des heures avant de déclencher leurs explosifs. Le communiqué ne fait pas état de tirs de mortier.

"Il est évident que cette lâche attaque contre le mausolée vise à réveiller les tensions sectaires et ramener l'Irak dans les jours sombres du conflit confessionnel", a déploré l'envoyé spécial de l'ONU pour l'Irak, Jan Kubis.

Balad fait partie de la province de Salaheddine, contrôlée en grande partie par les forces gouvernementales qui ont chassé l'EI de son chef-lieu Tikrit et de la ville de Baïji.

Ces villes avaient été conquises par l'EI après son offensive fulgurante en juin 2014 qui lui avait permis de s'emparer de vastes pans du territoire face à la débandade des troupes irakiennes.

Mais quelques mois plus tard et avec l'aide précieuse de l'aviation de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis et celle de tribus et de milices, les forces irakiennes ont commencé à reprendre du terrain à l'EI.

Les jihadistes du groupe extrémiste ont riposté aux revers subis sur le terrain par des attentats visant les civils et en particulier la communauté chiite, majoritaire en Irak, qu'il considère comme hérétique.

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