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La mort de deux Noirs ravive le spectre d'une «police raciste» aux Etats-Unis

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BARACK OBAMA
U.S. President Barack Obama pauses during remarks on recent police-involved shootings in Louisiana and Minnesota after arriving ahead of a NATO Summit in Warsaw, Poland July 8, 2016. REUTERS/Jonathan Ernst | Jonathan Ernst / Reuters
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La mort de deux Noirs abattus en deux jours par des policiers forçait jeudi les Etats-Unis à de nouveau faire face au démon du racisme, le président Barack Obama dénonçant un "grave problème" rongeant l'Amérique.

Déplorant le fait que son pays avait vécu "trop de fois des tragédies" comme celles-ci, le premier président noir des Etats-Unis a appelé la police à entreprendre des réformes, dans une déclaration depuis Varsovie.

Ces deux morts coup sur coup sont le symbole d'un "grave problème" dans la société américaine, avait-il assuré plus tôt.

Il ne s'agit "pas d'incidents isolés". Ils sont "symptomatiques de défis plus larges au sein de notre système judiciaire", a-t-il martelé, citant les "disparités raciales" et le "manque de confiance (...) entre les forces de l'ordre et de trop nombreuses communautés".

Assurant que "justice sera rendue", le gouverneur du Minnesota (nord) Mark Dayton a réclamé une enquête fédérale indépendante sur la mort de Philando Castile, abattu mercredi sous les yeux de sa compagne et de la fillette de cette dernière.

Sur les images filmées par la petite amie de la victime et diffusées en direct sur Facebook Live, on voit cet employé de cantine scolaire de 32 ans agoniser, le tee-shirt blanc ensanglanté, sur le siège conducteur d'une voiture tandis qu'un policier le tient en joue.

Ce racisme existe

"Oh mon Dieu, ne me dites pas qu'il est mort, ne me dites pas que mon petit ami s'en est allé juste comme ça", se désole Diamond Reynolds.

Dans la vidéo d'une dizaine de minutes, vue plusieurs millions de fois, elle explique que le policier a tiré sur son ami, dans la ville de Falcon Heights, alors qu'il cherchait ses papiers d'identité après que la voiture a été arrêtée pour un phare cassé.

"Est-ce que la même chose serait arrivée si ces passagers, le conducteur et les passagers, étaient blancs? Je ne pense pas", a déclaré M. Dayton, visiblement ému. "Je suis donc forcé de faire face au fait, et je crois que tous au Minnesota, nous sommes forcés de faire face au fait que ce type de racisme existe", a-t-il ajouté, évoquant une "réaction démesurée" des policiers.

Avec des pancartes et T-shirts appelant à "Arrêter d'exécuter les Noirs" et "Mains en l'air, ne tirez pas", des centaines de manifestants, de tous âges et origines, se sont rassemblés jeudi soir devant la résidence du gouverneur à Saint Paul, capitale du Minnesota.

De New York à Los Angeles en passant par Washington et Chicago, de nombreuses personnes se rassemblaient. A Manhattan, plusieurs milliers de personnes se dirigeaient vers Times Square en scandant notamment "Assez" et "Black Lives Matter", ("Les vies des Noirs comptent"), du nom du mouvement qui dénonce les violences policières contre les Afro-américains.

La guerre doit cesser

La candidate démocrate à la présidentielle de novembre Hillary Clinton a estimé sur Twitter que "trop de familles noires sont en deuil. Trop de jeunes hommes et femmes noirs nous ont été enlevés".

La superstar de la pop Beyoncé a ajouté sa voix au concert d'indignation.

"La guerre contre les gens de couleur et toutes les minorités doit cesser", écrit la chanteuse, qui a déjà dénoncé les brutalités policières contre les Noirs. "Nous en avons assez que de jeunes hommes et femmes de nos communautés soient tués. C'est à nous de nous lever pour exiger +Arrêtez de nous tuer+".

"Ils sont là pour nous assassiner, ils sont là pour nous tuer parce que nous sommes Noirs", s'était plus tôt insurgée Diamond Reynolds devant des journalistes, après avoir passé la nuit en détention.

Lors du contrôle, a-t-elle raconté, l'agent a émis des demandes contradictoires, exigeant de Philando Castile qu'il lève les mains en l'air et qu'il présente ses papiers d'identité, qui se trouvaient dans sa poche arrière.

Castile, dont la mort a été déclarée à l'hôpital, avait prévenu le policier qu'il possédait une arme à feu pour laquelle il avait un permis, a-t-elle dit. "Rien dans son langage corporel ne laissait entrevoir de l'intimidation", a-t-elle assuré, dénonçant des policiers "très très racistes". Selon elle, le tireur était d'origine asiatique.

Décuplée par les images poignantes des derniers instants de Castile, l'indignation a été d'autant plus profonde qu'il a été tué au lendemain du décès d'un autre Noir sous les balles de la police.

Les autorités américaines ont ouvert mercredi une enquête fédérale sur le décès d'Alton Sterling, 37 ans, mardi à Baton Rouge en Louisiane (sud). Là encore, une vidéo amateur a joué un rôle important.

Sur ces images, qui ne montrent pas l'ensemble des faits, ce vendeur de CD à la sauvette semble refuser d'obtempérer à des agents sur un parking. Il est plaqué et maîtrisé au sol par deux policiers.

"Il est armé!", entend-on crier. Les deux policiers dégainent leur arme et plusieurs détonations retentissent. M. Sterling, père de cinq enfants, semble avoir été abattu à bout portant.

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