Huffpost Algeria mg

Grande-Bretagne: Jeremy Corbyn s'excuse pour la guerre en Irak au nom du parti travailliste

Publication: Mis à jour:
JEREMY CORBYN
The leader of Britain's opposition Labour party, Jeremy Corbyn, speaks at an event into antisemitism within the Labour party, in London, Britain June 30, 2016. REUTERS/Peter Nicholls | Peter Nicholls / Reuters
Imprimer

Si l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, toute honte bue, affirme que renverser le régime irakien de Saddam Hussein était une "bonne décision", Jeremy Corbyn, chef du Parti travailliste, l'a qualifiée de "désastreuse", lors d'une brève déclaration mercredi, à la suite de la publication d'un rapport d'enquête qui dénonce une offensive non préparée et non nécessaire.

Le chef du Parti travailliste britannique s'est excusé hier de la guerre en Irak au nom de son parti.

"Je veux aujourd'hui m'excuser au nom de mon parti pour la décision désastreuse de partir en guerre en Irak", a déclaré le pacifiste convaincu, qui avait voté contre la décision de l'ancien Premier ministre travailliste Tony Blair d'envahir l'Irak en 2003.

Tony Blair a estimait mercredi que renverser le régime irakien de Saddam Hussein durant la même année avait été la bonne décision. Il a affirmé que le "monde était désormais plus sûr".

"Nous avons pris la bonne décision. Le monde est meilleur et plus sûr", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, alors qu'un rapport a pointé le manque total de préparation de l'offensive contre l'Irak et son caractère prématuré.

LIRE AUSSI: Le rapport sur l'engagement controversé du Royaume-Uni en Irak enfin publié

M. Blair a dit accepter la responsabilité totale des erreurs commises dans la préparation et la réalisation de cette guerre. "Mais cela ne contredit pas le fait que je pense que nous avons pris la bonne décision", a-t-il expliqué. "Je prendrai la même décision si j'étais dans la même situation, a ajouté M. Blair, après avoir exprimé ses regrets et ses excuses pour les erreurs commises", a réitéré l'ancien Premier ministre britannique.

"Si le dictateur irakien Saddam Hussein était resté au pouvoir en 2003, il aurait continué à poser une menace à la paix dans le monde". Il a ainsi rejeté l'accusation selon laquelle l'intervention en Irak avait augmenté la menace terroriste.

Ces déclarations interviennent alors que le rapport d'enquête sur l'engagement britannique en Irak, attendu depuis sept ans, s'est montré particulièrement accablant pour M. Blair, laissant entendre qu'il s'est engagé tête baissée dans le conflit, pour complaire à son allié américain George W. Bush.

Invasion prématurée, plans "complètement inadéquats"

Invasion prématurée de l'Irak, plans britanniques pour l'après-guerre "complètement inadéquats", John Chilcot, président de la commission sur l'engagement en 2003 du Royaume-Uni en Irak, a dressé mercredi un bilan accablant contre Tony Blair.

Dans son rapport, commandé en 2009 et devant initialement être rendu dans un délai d'un an, la commission Chilcot a dénoncé le fait que Londres se soit appuyé sur des informations des services de renseignement qui n'avaient pas été suffisamment vérifiées.

"Malgré les avertissements, les conséquences de l'invasion ont été sous-estimées. La planification et les préparatifs pour l'Irak d'après Saddam étaient complètement inadéquats", a ajouté son président.

Le même rapport a conclu que le Royaume-Uni "avait décidé de se joindre à l'invasion de l'Irak avant que toutes les alternatives pacifiques pour obtenir le désarmement (du pays) ne soient épuisées". M. Blair, chef du gouvernement britannique entre 1997 et 2007, est accusé d'avoir trompé sa population en affirmant que l'Irak possédait des armes de destructions massives, ce qui n'a jamais été avéré.

"L'action militaire n'était pas inévitable à l'époque", a ainsi déclaré John Chilcot, président de la commission Chilcot, en présentant les conclusions du rapport.

Un premier rapport officiel publié en 2004 avait conclu que Tony Blair avait exagéré devant le Parlement la menace représentée par le président irakien Saddam Hussein, même si son auteur, Robin Butler, a déclaré lundi que l'ex-Premier ministre "croyait vraiment" à l'époque en ce qu'il disait.

Avant la publication du rapport Chilcot, plusieurs députés ont annoncé leur intention de s'en saisir pour lancer une procédure symbolique d'"impeachment" a posteriori.

Les avocats des familles de 29 des soldats morts en Irak ont indiqué qu'ils allaient éplucher le rapport. "Il pourrait servir de base à une action en justice contre Blair, ses ministres ou le gouvernement en général", a déclaré le cabinet McCue and Partners à l'AFP.

Si le Brexit "est l'événement politique le plus important pour les Britanniques depuis la Seconde Guerre mondiale, l'invasion de l'Irak en 2003 n'est pas très loin", soulignait mercredi The Guardian. "Ceux qui vivent sous le régime meurtrier de l'Etat islamique ou celui de Bachar al-Assad ont le droit de dire que c'est l'invasion intervenue il y a 13 ans qui a ouvert les portes de l'enfer", ajoute le quotidien.

LIRE AUSSI: Irak: "Nous avons pris la bonne décision. Le monde est meilleur et plus sûr", selon Blair

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.

Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.