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Le Bangladesh secoué par une nouvelle attaque meurtrière

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A U.S. family residing in Bangladesh mourns for their friends who were killed in the attack on the Holey Artisan Bakery and the O'Kitchen Restaurant, at a makeshift memorial near the attack site, in Dhaka, Bangladesh, July 5, 2016. REUTERS/Adnan Abidi | Adnan Abidi / Reuters
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Des islamistes présumés ont lancé jeudi une attaque meurtrière lors d'un important rassemblement de fidèles célébrant la fin du ramadan dans le nord du Bangladesh, un nouvel épisode de violences quelques jours après le massacre de 20 otages à Dacca.

Deux policiers et un assaillant ont étés tués dans ces explosions survenues près d'un lieu de prière où au moins 200.000 personnes étaient rassemblées pour l'Aïd el-Fitr dans le district de Kishoreganj (nord), selon les autorités.

Un des policiers a été tué sur les lieux de l'explosion tandis que la mort de l'autre a été constatée à l'hôpital, selon un responsable de la police locale.

Six policiers ont par ailleurs été blessés et l'un des assaillants a été tué, des machettes ayant été retrouvées sur le lieu de l'attaque, selon un autre responsable policier.

"Ils ont jeté de petites bombes vers nous et nous avons riposté en tirant. Une fusillade s'en est suivi et ils ont lancé de nouvelles bombes", a dit Tofazzal Hosain, responsable adjoint de la police du district à l'AFP.

L'attaque s'est déroulée dans les locaux d'une école près du lieu de prière, a précisé le responsable de l'administration du district, Azimuddin Biswas, à l'AFP. "Le rassemblement n'a pas été touché par cet affrontement".

Ce rassemblement, connu sous le nom de Sholakia Eid, est le plus important organisé au Bangladesh, pays dont 90% de la population de 160 millions d'habitants est musulmane.

Cette attaque n'a pas été revendiquée dans l'immédiat mais elle intervient moins d'une semaine après le massacre de 20 otages dans un restaurant d'un quartier huppé de Dacca revendiqué par l'organisation Etat islamique (EI).

Deux policiers avaient également trouvé la mort dans cette prise d'otage. Toutes les victimes, dont 18 étrangers, avaient été tuées à coups de machettes.

Prières et pleurs

Le Bangladesh est en état d'alerte depuis cette attaque perpétrée vendredi et de nombreux appels à mettre fin à la violence ont été lancés jeudi lors des célébrations de l'Aïd.

"Allah, protège notre pays et protège nos enfants des maux du terrorisme", a lancé Mohammad Sadequl Islam, un imam lors d'un rassemblement de 5.000 fidèles dans le quartier de Mahakhali à Dacca.

Nombre de ces fidèles étaient en larmes lors de ces prières.

Dans la capitale, le plus important rassemblement s'est tenu au National Eidgah Maidan où plus de 50.000 personnes, dont le président Abdul Hamid, ont pris part à la prière.

Les fidèles ont parfois dû attendre une heure avant d'atteindre le lieu en raison de fouilles de sécurité. Des chiens renifleurs ont été postés et aucun sac n'était autorisé.

Le Bangladesh fait face depuis le début de l'année à une multiplication de meurtres d'intellectuels, de membres de minorités religieuses et de blogueurs athées, des actes revendiqués par l'EI et par une branche d'Al-Qaida.

Le gouvernement refuse cependant de reconnaître la présence de réseaux jihadistes internationaux sur son sol et a imputé l'attaque de Dacca à un groupe islamiste local interdit depuis une dizaine d'années.

Le ministre de l'Information Hasanul Haq Inu a décrit l'attaque de ce jeudi comme une tentative pour déstabiliser la Première ministre Sheikh Hasina.

"Nous ne savons pas à quel groupe ils (les jihadistes) appartiennent mais ils sont membres d'un groupe terroriste extrémiste. Ils agissent contre les pratiques religieuses normales de notre pays", a dit le ministre à l'AFP.

"Ils sont contre l'islam, contre la religion et contre le gouvernement. Ils ont une feuille de route politique et religieuse".

Les opposants estiment que le gouvernement est dans le déni sur la nature de la menace extrémiste au Bangladesh et tente de l'exploiter pour diaboliser l'opposition politique.

Les autorités ont procédé en juin à un vaste coup de filet de 11.000 personnes, dénoncé par l'opposition comme une tentative de museler toute voix discordante. Le principal parti islamiste est interdit de toute élection et ses dirigeants ont été arrêtés ou exécutés.

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