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Le rapport sur l'engagement controversé du Royaume-Uni en Irak enfin publié

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TONY BLAIR
Former British Prime Minister Tony Blair (C) leaves his office in central London on July 5, 2016.Seven years after it began, the official inquiry into Britain's role in the Iraq war finally reports on Wednesday with former prime minister Tony Blair expected to face severe criticism. / AFP / Daniel Leal-Olivas (Photo credit should read DANIEL LEAL-OLIVAS/AFP/Getty Images) | DANIEL LEAL-OLIVAS via Getty Images
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Attendu depuis sept ans, le rapport de la commission d'enquête sur l'engagement controversé du Royaume-Uni dans la guerre en Irak en 2003 est enfin publié mercredi et promet d'être sévère envers l'ex-Premier ministre Tony Blair.

Les travaux de la commission Chilcot, du nom de son président John Chilcot, ont donné lieu à un rapport long de 2,6 millions de mots qui doit revenir sur les conditions de cette entrée en guerre décidée par Tony Blair en 2003. Elle a donné lieu à l'audition de 120 témoins dont le travailliste Tony Blair et son successeur Gordon Brown.

Commandé en 2009, ce rapport qui devait initialement être rendu dans un délai d'un an est, lui-même, devenu controversé au fil des reports, poussant les familles excédées des soldats tués en Irak à fixer un ultimatum aux autorités, sous réserve de poursuites judiciaires.

Certains de ces proches comptent d'ailleurs boycotter la présentation du rapport, dans un centre de conférence de Londres, et manifester mercredi matin à partir de 09H00 GMT à l'appel de la coalition Stop the War.

Ce rapport "ne va pas m'apporter de conclusions ou de réconfort", a déclaré à l'agence de presse britannique PA Janice Procter, dont le fils Michael Trench a été tué en Irak en 2007, à l'âge de 18 ans. Tony Blair "a envoyé 179 enfants à la boucherie. Il n'y a aucune justice", a-t-elle ajouté.

M. Blair, chef du gouvernement britannique entre 1997 et 2007, est accusé d'avoir trompé sa population en affirmant que l'Irak possédait des armes de destructions massives, ce qui n'a jamais été avéré.

Des dizaines de milliers d'Irakiens sont morts lors de la guerre et des violences interconfessionnelles qui ont suivi. Quelque 45.000 soldats britanniques ont participé à la guerre entre 2003 et 2009, dont 179 sont morts.

Possible base pour un recours en justice

"Si nous sommes tombés sur des décisions ou des comportements qui méritent d'être critiqués, nous n'hésiterons pas à le faire", a affirmé mardi soir, dans une déclaration publique John Chilcot, même si l'objet de ces travaux n'est pas de dire si l'intervention en Irak a été légale.

Un premier rapport officiel publié en 2004 avait conclu que Tony Blair avait exagéré devant le Parlement la menace représentée par le président irakien Saddam Hussein, même si son auteur, Robin Butler, a déclaré lundi que l'ex-Premier ministre "croyait vraiment" à l'époque en ce qu'il disait.

Depuis, Tony Blair a dit plusieurs fois qu'il regrettait les vies perdues mais pas le fait que Saddam Hussein ait été renversé. L'an dernier, il s'est excusé pour "le fait que les informations données par les services secrets étaient fausses".

Plusieurs députés, à commencer par Alex Salmond du Parti national écossais (SNP), comptent se saisir du rapport Chilcot pour lancer une procédure d'"impeachment", avec comme conséquence possible de le priver a posteriori de son titre de Premier ministre.

Se fondant sur une loi utilisée pour la dernière fois en 1806 et considérée comme obsolète, l'initiative aurait surtout un caractère symbolique.

L'équipement jugé insuffisant des troupes britanniques pourrait constituer un deuxième angle d'attaque pour les anti-Blair. Dans le viseur notamment, l'emploi de Land Rover au blindage trop léger pour résister aux engins explosifs. Des "cercueils sur roues", disaient les soldats.

Les avocats des familles de 29 des soldats morts en Irak ont indiqué qu'ils allaient éplucher le rapport. "Il pourrait servir de base à une action en justice contre Blair, ses ministres ou le gouvernement en général", a déclaré le cabinet McCue and Partners à l'AFP.

Le retard pris dans la publication du document s'explique d'abord par le droit de réponse accordé à toutes les personnes mises en cause et par la question de la déclassification de documents secrets, notamment les échanges entre Tony Blair et le président américain George W. Bush.

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