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Quatre contrevérités sur l'interdiction des sacs plastique

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MIKA
Quatre contrevérités sur l'interdiction des sacs plastique | DR
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ENVIRONNEMENT - Trois jours après l'entrée en vigueur de la loi n°77-15 interdisant la production, l'importation, l'exportation, la commercialisation et l'utilisation de sacs plastique de caisse au Maroc, on fait le point sur quatre pièges dans lesquels ne pas tomber.

"Tous les sacs plastique sont interdits"

Faux. Seuls les sacs, avec ou sans poignées, composés de plastique, qui sont fournis à titre onéreux ou gratuit aux consommateurs dans les points de vente de biens, de denrées ou de services, destinés à l'emballage de leurs marchandises, sont interdits. En revanche, les sacs à usage industriel ou agricole, isothermes, de congélation ou surgélation, et enfin ceux utilisés dans la collecte des déchets, même s'ils sont fabriqués en matières plastiques, sont autorisés. Vous pouvez donc continuer d'utiliser les sacs poubelle en plastique.

"Les usagers peuvent être sanctionnés"

Non, vous n'écoperez pas d'une amende si vous transportez vos courses dans un sac plastique. Par contre, le vendeur qui vous l'aura donné (gratuitement ou, pire, en vous le faisant payer), oui. Selon la loi, toute personne qui détient, en vue de la vente ou la distribution, à titre onéreux ou gratuit, des sacs en matières plastiques (hors ceux autorisés) est punie d'une amende de 10.000 à 500.000 dirhams. Les personnes qui fabriquent ces sacs plastique non autorisés peuvent écoper d'amendes allant de 200.000 à 1 million de dirhams. Ceux qui les utilisent à d'autre fins que celles pour lesquelles ils sont destinés s'exposent également à des amendes allant de 20.000 à 100.000 dirhams.

"Les sacs biodégradables sont autorisés"

Là encore, c'est faux. Contrairement à la France, qui autorise encore certains types de sacs dits "compostables", constitués de matières biosourcées, c’est-à-dire à base de matière végétale (amidon par exemple), à condition qu'ils aient une épaisseur supérieure à 50 µm s'ils sont distribués en caisse, aucun sac biodégradable n'est autorisé à la vente ou à la distribution au Maroc. Lors de la présentation des mesures prises par le ministère de l'Industrie pour assurer l'application de la loi, le ministre Moulay Hafid Elalamy avait expliqué que ces derniers n'étaient pas autorisés pour éviter le processus souvent fastidieux de contrôle de conformité de ces sacs. Par contre, les sacs réutilisables, fabriqués dans des matières recyclables, sont autorisés et proposés à la vente dans les supermarchés.

"Les usines de sacs plastique vont fermer"

C'était l'une des pierres d'achoppement avant l'entrée en vigueur de la loi. Que deviendront les opérateurs de l'industrie plastique? Pour les acteurs du secteur formel, un fonds de soutien de 200 millions de dirhams a été créé, et trois initiatives vont être lancées: amorçage d’une nouvelle activité, mise en conformité des unités de production par rapport aux exigences normatives et renforcement de la compétitivité des industriels qui réalisent un chiffre d’affaires de moins de 30% dans les sacs plastique. A ce jour, une quarantaine d'entreprises ont répondu à l’appel à manifestation d’intérêt lancé en mai dernier pour bénéficier de l’appui de ce fonds. Quant aux acteurs du secteur informel, le ministère assure qu'il veut travailler à leur reconversion, en créant un fonds allant jusqu'à 2 millions de dirhams.

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