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L'étonnante histoire d'un baron de la drogue marocain

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NARCOTRAFIQUANT
L'étonnante histoire d'un baron de la drogue marocain | Fernando Ruso
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DROGUE - Presque comme un titre de noblesse, la presse espagnole le surnomme “le Lewis Hamilton des bateaux de haschich du Détroit“. Il n’en est rien. Du haut de son mètre 80, ce Marocain, surnommé "Didi", s’est fait un nom dans le monde peu glorieux du narcotrafic comme étant l’un des meilleurs conducteurs de bateau, comme l’écrivent nos confrères de EL ESPAÑOL.

La trentaine entamée, Didi a sombré dans le milieu du trafic de haschich à l’âge de 16 ans en faisant son premier baptême de l’eau à bord d’une patera à la fin des années 90. “Je suis monté sur un bateau en tant que co-pilote à 16 ans. J'étais en charge du radar pour pointer notre emplacement exact et la zone de livraison sur la plage [andalouse] dans laquelle nous devrions faire la livraison“, se remémore-t-il.

Trafiquant précoce et passage par la case prison

Pourtant rien ne le prédestinait à emprunter les chemins tortueux du transport de haschich dans le Détroit. Né à Tétouan dans une famille aisée, le “Lewis Hamilton“ marocain n’avait pas besoin du narcotrafic pour se faire une vie. Mais sa passion des bateaux et de la vitesse l’entraînera dans ce milieu. Dans les années 90, quand des narcotrafiquants font de Tétouan une plaque tournante du trafic, il saisit l’occasion.

Boussole des pilotes de bateaux spécialisés dans le transport de drogue, Didi est arrêté en 2004 sur une plage de Malaga avec 1.200 kilos de haschich. Il avait été condamné à trois ans et demi de prison mais n’en effectuera que deux avant d’être libéré pour “bonne conduite“. Cet épisode aurait dû le dissuader de poursuivre mais il en ressort comme ragaillardi. Il passe très vite à la vitesse supérieure dès sa sortie de prison pour devenir pilote de bateau.

Depuis, il vogue sur les eaux du Détroit pour livrer entre le Maroc et l’Espagne, des cargaisons de haschich. Pour ses voyages, Didi explique n’avoir pas besoin de copilote pour lui tenir le radar mais seulement de deux assistants pour lui verser l’essence dans le réservoir quand celui-ci se vide. Une tâche pour lequel l’un des meilleurs pilotes réclame “pas moins“ de 30.000 euros par voyage.

Une vie de nabab

Un “travail“ qui lui permet d’avoir d’énormes marges de bénéfices. L’homme possède deux bateaux et travaille pour des prix fixés à l’avance. “La plupart du temps, la cargaison est de 3.000 kilos. Si un kilo de haschich coûte 2.000 euros, j’ai 6 millions d'euros de chiffre d’affaires“. Plusieurs bakchichs plus tard, “après avoir payé tout le monde, je gagnais environ 2,5 millions d'euros“.

Le business est rentable et lui permet une vie de nabab sur les deux rives. “J’ai trois maisons au Maroc, des terres, deux taxis qui travaillent légalement pour moi, trois voitures“. En Espagne, il possède deux jet skis et emploie plusieurs personnes à Cadix Vejer, Barbate et Conil pour une "petite" affaire lui rapportant 100.000 euros.

Cependant, cette vie n’est pas sans risque. En 2012, il avait été arrêté et emprisonné quelques mois avant de sortir et d’être à nouveau actif. Quelques année avant, face à la concurrence des narcotrafiquants russes et français qui sévissent à Cadix et sur la Costa Del Sol, Didi avait été enlevé en 2009. Il n’a dû son salut qu’au paiement d’une rançon dont il ne dévoilera jamais le montant. Une vie à hauts risques qui finit souvent en règlements de comptes entre gangs. Une hypothèque sur sa vie.

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