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Fronde des internautes et associations contre l'importation de déchets italiens au Maroc

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Au Maroc, une fronde contre l'importation des déchets italiens | facebook.com
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ENVIRONNEMENT - C'est une polémique dont le royaume se serait bien passée, à quatre mois de la tenue de la COP22 à Marrakech. L'importation de 2.500 tonnes de déchets d'Italie au Maroc suscite la colère des internautes. Une pétition vient d'être lancée sur le site Change.org, pointant du doigt les conséquences néfastes de la combustion de ces déchets pour l'homme et les sols. La pétition a déjà récolté près de 10.000 signatures.

Car malgré les tentatives d'explication du ministère délégué chargé de l'Environnement, qui a publié jeudi 30 juin un communiqué pour expliquer que ces déchets ne sont pas dangereux et que l'importation est réalisée "en conformité avec les dispositions de la loi 28-00 relative à la gestion des déchets et à leur élimination", la pilule ne passe pas.

Les associations veulent des explications

La Coalition marocaine pour la justice climatique (CMJC), qui rassemble près de 150 associations qui oeuvrent en faveur de l'environnement, a ainsi publié, samedi 2 juillet sur sa page Facebook, un communiqué demandant des explications au ministère et appelant à plus de transparence. "Nous ne voulons pas que notre pays se transforme en poubelle des pays industrialisés", écrit-elle.

Elle attend notamment que le gouvernement rende publique la convention de partenariat établie entre le département de Hakima El Haité et l’association professionnelle des cimentiers, afin d'en évaluer "le champ d’application et sa conformité avec la loi 28-00 et avec la convention de Bâle relative aux mouvements transfrontaliers de déchets, et ce conformément à l’article 27 de la Constitution garantissant le droit d'accès à l'information".

Elle demande également de rendre publiques "les informations fournies par l’exportateur lors de la notification de l’exportation", de même que l'autorisation d'importation et les résultats des tests et contrôles des déchets, rappelant au passage que la Convention de Bâle recommande que les déchets dangereux devraient être éliminés dans l’Etat où ils ont été produits.

Colère sur les réseaux

Sur les réseaux sociaux, l'affaire n'a pas manqué de faire réagir les internautes, qui s'offusquent à coups de tweets et de commentaires de cette importation massive de déchets étrangers, alors même que le Maroc vient d'interdire la production de sacs plastique, et que le gouvernement a lancé une vaste campagne #ZéroMika pour empêcher leur utilisation.

Si la provenance des déchets italiens n'a pas été officiellement confirmée, il pourrait s'agir de ceux accumulés dans la décharge de la Taverna del Re, dans la province de Naples au sud de l'Italie, qui a récemment commencé l'évacuation de son site de stockage, et dont une partie des déchets et pneus ont été envoyés vers Casablanca et Settat pour être brûlés dans une usine de ciment, indique l'agence de presse italienne Agenzia Nova.

Selon Hespress, qui avait signalé la semaine dernière la présence, dans le port d'El Jadida, d'un navire italien contenant 2.500 tonnes de déchets emballés dans des sacs blancs, ces derniers seraient les mêmes que ceux stockés dans la Taverna del Re.

Le 11 juin, le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, s'était rendu dans cette décharge napolitaine. "Adieu les déchets de la Terre des feux (la zone de stockage des déchets, ndlr), adieu la mafia de la gestion des déchets. On s'y attelle enfin sérieusement, cette fois c'est la bonne", avait-il tweeté.

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