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La CDT appelle au retour de l'Etat dans le capital de la Samir

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SAMIR
La CDT appelle au retour de l'Etat dans le capital de la Samir | DR
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RAFFINERIE - Les salariés de la Samir n’ont jamais cessé de critiquer la privatisation de l’unique raffinerie du Maroc, qui plus est depuis l'arrêt de l'activité de l'entreprise implantée à Mohammedia. Dans une nouvelle lettre adressée au ministère de l’Intérieur, le syndicat des travailleurs dans les industries du pétrole et du gaz, relevant de la Confédération démocratique du travail (CDT), appelle au retour de l’Etat dans le capital de la Samir.

"Après la décision de liquidation judiciaire, prononcée le 1er juin par la cour d’appel du tribunal de commerce de Casablanca, et la prolongation de la période d’activité jusqu’au 21 décembre, la raffinerie est toujours en arrêt de production depuis le mois d’août 2015", rappelle le syndicat dans le courrier daté du 28 juin dernier.

"Malgré le virement des salaires, plusieurs acquis des employés sont menacés, tels que la couverture santé, la prime du ramadan, le camping pour les enfants et la retraite", écrit le syndicat. "Face à cette situation transitoire qui dure depuis presque un an maintenant", les salariés de la Samir se disent "inquiets de plus en plus". Ils sollicitent ainsi "l’intervention des autorités concernées pour aider la Samir à dépasser les obstacles qu’elle rencontre".

En clair, la CDT demande le "retour de l’Etat marocain dans le capital de la Samir" pour assurer entre autres "la protection de l’intérêt national", mais aussi celui de ses salariés qui ne voient toujours pas d’issue à la crise.

Avenir incertain

"Nous sommes en train de boucler une année sans production. Il n’y a pas grand-chose au niveau trafic et pour les travailleurs, c’est encore très flou. Nous demandons une rencontre avec le ministère de l’Intérieur afin d’éclaircir notre avenir. Tant qu’il n’y a pas de visibilité, notre avenir est incertain", explique Benouakrim Latifa, membre du bureau national du syndicat des industries du pétrole et du gaz, affilié à la CDT, contactée ce lundi par le HuffPost Maroc.

"C’est une liquidation judiciaire, avec toutes les conséquences qui vont avec", déplore-t-elle. Une première rencontre s’était tenue le 12 mars dernier avec le ministre délégué à l’Intérieur, Cherki Draiss, rappelle la syndicaliste. "Il nous avait rassuré par rapport à cette situation, mais ça reste des paroles".

Selon Benouakrim Latifa, une dizaine des salariés de la raffinerie sont partis. D’autres sont sur le départ, "c’est contagieux. Mais nous ne sommes pas responsables de cette situation de crise", regrette Benouakrim Latifa.

La Samir, unique raffinerie du Maroc située sur le port de Mohammedia et employant près de 960 personnes, est détenue à 67% par le groupe Corral Petroleum Holdings appartenant au milliardaire Sheikh Mohammed Al Amoudi.

Les promesses non tenues d'Al Amoudi

Très lourdement endettée, la société a suspendu ses activités le 5 août 2015. En octobre de la même année, le Conseil d’administration de la Samir annonçait une augmentation de capital de 1 million de dollars. Celle-ci n’a toutefois jamais été réalisée. Dernière promesse en date de Mohammed Al Amoudi, qui n'a elle aussi pas été tenue, l'injection de 680 millions de dollars de fonds propres pour conserver la raffinerie, annoncée le 11 mai dernier.

Dans un verdict rendu début juin, la Cour d’appel de Casablanca a en tout cas confirmé la décision du tribunal de Commerce de Casablanca en date du 21 mars plaçant en liquidation judiciaire la Samir. Mais c'est sans compter la détermination de l'homme d'affaires saoudien, qui a récemment décidé de porter l’affaire devant l’arbitrage du tribunal de l’Union européenne et celui du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), basé aux Etats-Unis.

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